L'UQO a fait parler d'elle, l'an dernier, lorsque des étudiants ont organisé l'activité « Les 12 travaux d'Hercule » dans lesquels de nouvelles étudiantes devaient poser des gestes à caractère sexuel pour obtenir des « points » pendant leur initiation.

L'UQO ne veut pas revivre «Les 12 travaux d'Hercule»

Les initiations étudiantes truffées de gestes dégradants ou à teneur sexuelle sont en voie de disparition, selon la vice-rectrice à l'enseignement et à la recherche de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Sylvie de Grosbois. L'institution outaouaise, qui vient de prendre connaissance du nouveau plan gouvernemental de lutte à la violence sexuelle, veut éviter à tout prix de revivre une rentrée à l'image de l'automne 2016.
L'UQO a fait parler d'elle, l'an dernier, lorsque des étudiants ont organisé l'activité « Les 12 travaux d'Hercule » dans lesquels de nouvelles étudiantes devaient poser des gestes à caractère sexuel pour obtenir des « points » pendant leur initiation.
L'activité, annulée à la dernière minute, prévoyait ceci : « Si tu embrasses une fille : 1 point. Si tu prends une photo de sein : 2 points. Un shootgun dans une craque de seins : 3 points. Participer à un concours de wet t-shirt : 2 points. »
« C'était malheureux, dit Mme de Grosbois. Mais nous ne sommes plus là. »
Lundi, la ministre québécoise de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a dévoilé sa stratégie d'intervention pour prévenir les violences sexuelles. Québec va allouer 23 millions $ sur cinq ans aux établissements de la province.
« La ministre a dit espérer aller de l'avant avec un projet de loi à l'automne. Nous l'espérons aussi. »
Vigile
En attendant, certaines idées sont mises sur la table, comme celle de « vigiles » composées d'étudiants à jeun s'assurant du bon comportement de tous lors des initiations de début d'année.
La consommation d'alcool est souvent bien présente lors de ces activités ludiques et amicales. Les directions et associations étudiantes devront réfléchir sur d'éventuelles limites de consommation d'alcool pendant ces exercices ludiques.
Les directions d'établissement veulent éviter le phénomène des mains baladeuses, des comportements dégradants, et des gestes à caractère sexuel non consentants.
« On ajoute la nouvelle stratégie de la ministre à nos campagnes de sensibilisation déjà existantes, comme "Sans oui, c'est non" », explique la vice-rectrice de l'UQO.
Par ailleurs, Mme de Grosbois discutera, avec le reste de la communauté universitaire, de la mise en place d'un « guichet unique » d'aide aux victimes de gestes à caractère sexuel. Ce guichet faciliterait, entre autres, l'accompagnement d'une victime au poste de police.
Selon Mme de Grosbois, un comité consultatif réunissant professeurs, directeurs et étudiants, doit faciliter la mise en oeuvre du plan de la ministre David. « Ce n'est pas qu'un enjeu administratif », plaide la vice-rectrice.
L'UQO a déjà ajouté à ses plans de cours une note sur la notion du « Sans oui, c'est non » et organisé des formations avec le Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) sur le consentement sexuel.
Les organisateurs d'activités d'intégration auront de plus en plus de comptes à rendre aux directions de programme et de l'UQO.
« Ensuite, dit Mme de Grosbois, il n'y a pas que les initiations. La vie universitaire, c'est toute l'année. »
La Stratégie d'intervention annoncée par la ministre David pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur est articulée autour de six axes d'intervention : la prévention, le traitement des plaintes, l'accompagnement des victimes, la sécurité des lieux et des personnes, l'encadrement et la concertation.
La question des « mesures d'accompagnement académique » est aussi abordée, dans un contexte où existe aussi la présomption d'innocence. La stratégie spécifie que l'établissement devra « limiter les répercussions du dévoilement ou d'une plainte par la victime 
Les établissements seront aussi invités à renforcer la sécurité de leurs infrastructures, comme l'éclairage, l'installation de téléphones d'urgence ou l'ajout de surveillance.
Avec La Presse Canadienne