Environ les deux tiers des crimes de traite de personnes signalés par la police au Canada se produisent en Ontario, selon le gouvernement provincial.

L’Ontario intensifie sa lutte contre la traite des personnes et l'exploitation sexuelle

ST. CATHARINES — L’Ontario dépensera 202 millions $ de plus au cours des cinq prochaines années pour lutter contre la traite des personnes dans le commerce du sexe.

Selon le premier ministre Doug Ford, cet argent servira à financer notamment une campagne de sensibilisation du public et l’expansion de l’Unité sur l’exploitation des enfants de la Police provinciale de l’Ontario. Une partie de cette somme sera aussi consacrée aux services aux victimes, notamment le logement avec services de soutien pour celles qui sont sorties de ce milieu.

«Les survivants et survivantes de la traite des personnes ont besoin d’un soutien spécialisé et continu pour les aider à s’affranchir, à surmonter leur traumatisme et à reconstruire leur vie», a soutenu vendredi la ministre associée déléguée au dossier de l’Enfance et à la Condition féminine, Jill Dunlop.

Le gouvernement Ford affirme qu’environ les deux tiers des crimes de traite de personnes signalés par la police au Canada se produisent en Ontario. Ces crimes rapporteraient environ 50 millions $ par année en ciblant les jeunes - l’âge moyen de recrutement des victimes est de 13 ans.

Décrivant cette traite de personnes comme «l’esclavage des temps modernes», le premier ministre Ford a déclaré que ce financement supplémentaire était nécessaire pour protéger les familles. «Il s’agit d’une somme considérable, mais en ce qui me concerne, cela ne sera jamais suffisant», a-t-il soutenu vendredi lors d’une conférence de presse à St. Catharines. «Aucun enfant ne devrait vivre dans la peur de la violence ou de l’exploitation.»

Les conservateurs avaient promis en novembre dernier d’élaborer une stratégie pour combattre ce fléau; le nouveau financement s’ajoute aux 105 millions $ que la province dépense déjà pour lutter contre la traite des personnes au cours des cinq prochaines années.

M. Ford a aussi déclaré qu’il voulait profiter d’une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, la semaine prochaine, pour soulever la nécessité de peines plus sévères et de conditions plus strictes de mise en liberté sous caution pour ces criminels.

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DES DÉTENUS TOXICOMANES DÉFENDENT LES PROGRAMMES D'ÉCHANGE DE SERINGUES

TORONTO — Des détenus toxicomanes soutiennent en cour que l’interdiction des programmes d’échange de seringues dans les prisons est inconstitutionnelle.

Lors de l’audience en Cour supérieure de l’Ontario, vendredi à Toronto, leurs avocats ont plaidé que l’accès des détenus à des seringues stériles est essentiel aux soins de santé.

Ils ont en outre plaidé que la fourniture de ces soins de santé devrait être distincte des mesures de sécurité adoptées dans les prisons.

Les détenus toxicomanes soutiennent que le manque d’accès à des seringues propres pose un risque pour la santé publique et la santé des personnes.

Le gouvernement soutient de son côté que les seringues représentent une menace pour la sécurité, qui doit être gérée adéquatement. Ottawa plaide également qu’un programme d’échange de seringues dans les prisons du pays est déjà en branle.