L’ex-directeur de la police de la MRC des Collines, Sylvain Tanguay, réclame trois millions $ à la MRC.

L’inspecteur Tanguay veut 3 millions de plus

Bataille juridique, guerre de tranchées, et vie personnelle en vrille. Sylvain Tanguay veut beaucoup plus que les quelque 200 000 $ que lui doit la MRC des Collines pour l’avoir « injustement » congédié de son poste de directeur du Service de sécurité publique, l’année dernière. Il devra toutefois être patient avant d’obtenir ce montant, ainsi que les trois millions $ qu’il réclame à titre personnel.

Cette poursuite de 3 M$, parallèle au dossier de congédiement illégal, en dit long sur l’état mental dans lequel s’est retrouvé M. Tanguay, pendant les longs mois d’une crise interne à la police de la MRC des Collines.

La bataille juridique est loin d’être terminée.

M. Tanguay n’est pas près de toucher les 3 M$ demandés. Il devra avant tout s’assurer de confirmer de son gain de cause dans son dossier de congédiement, auquel l’employeur semble tenir mordicus.

Dans une décision coup de poing, en septembre dernier, trois juges de la Cour du Québec ont condamné la MRC des Collines à lui verser 190 916,19 $, pour l’avoir congédié injustement, le 15 juin 2017.

L’employeur en a rapidement appelé de cette décision.

Cet appel force la suspension de l’audition sur la poursuite de 3 M$. « Le sort du dossier d’appel aura une incidence directe sur les droits et intérêts des parties (...) notamment quant à l’existence d’une faute quant à la destitution de M. Tanguay », indique un document déposé en Cour supérieure, consulté par Le Droit.

Cauchemars et idéations suicidaires

L’inspecteur Tanguay, nommé chef par intérim, avait reçu le mandat de mener une enquête interne sur le vol d’heures de travail par ses policiers.

Les mesures disciplinaires qui ont suivi ont mis le feu aux poudres chez ses subalternes.

Dans sa poursuite en dommages, Sylvain Tanguay dit avoir été victime de harcèlement psychologique virulent (« mobbing ») de la part du syndicat des policiers.

Anxiété, troubles de sommeil, cauchemars, honte et sentiment d’injustice se sont même transformés en « idéations suicidaires » chez Sylvain Tanguay lorsque la crise interne était au paroxysme.

Les « stigmates » qui lui sont attribués depuis tout ce temps se sont traduits, dit-il, par « une peine de mort professionnelle pour un policier ».

M. Tanguay a réservé un paragraphe pour dénoncer la publication d’informations « fausses et diffamatoires » dans divers médias. Le policier demande aussi 200 000 $ pour dédommager sa conjointe, « victime par ricochet ».

« Suite à la mise à pied, lit-on, celle-ci a fait tout en son possible pour soutenir celui-ci psychologiquement, et a pris la dure décision de mettre sa carrière de femme d’affaires en veilleuse afin de le supporter dans cette épreuve terrible et accablante. »

Le 22 août, trois juges de la Cour Québec en Outaouais, Marie Michelle Lavigne, Denis Lapierre et Jean Faullem, ont résumé comment certains patrouilleurs avaient profité de l’obscurité de la nuit pour se retirer dans un boisé, et dormir dans leur autopatrouille, pendant leurs quarts de travail.

C’est cette culture organisationnelle que devait briser l’inspecteur et chef intérimaire, avant qu’il soit pris en grippe par certains membres de la Fraternité des policiers.