Jeffrey Delisle, un espion et ancien officier des services de renseignement naval reconnu coupable, a obtenu été libéré sous escorte et aura accès à une maison de transition cet automne.

L'espion Jeffrey Delisle libéré sous escorte

HALIFAX —L’espion reconnu coupable Jeffrey Delisle a déjà été autorisé à sortir de prison sous escorte, selon une décision de la commission des libérations conditionnelles. Le document explique plus en détail pourquoi il a vendu des secrets aux Russes.

Cette semaine, une décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada a accordé l’accès à une maison de transition à l’ancien officier subalterne. Il pourrait en profiter dès le mois prochain.

La commission a également souligné que Jeffrey Delisle était un « prisonnier modèle » depuis sa condamnation en 2013 à 20 ans de pénitencier. Il a déjà bénéficié de 24 absences accompagnées pour aller à l’église. Il a également obtenu des congés temporaires pour renouveler son permis de conduire et ouvrir un compte bancaire.

Le rapport de la commission des libérations conditionnelles, publié sous forme écrite jeudi, note que la police n’est pas en accord avec la libération de Delisle.

L’homme âgé de la mi-quarantaine a commencé à vendre des secrets militaires occidentaux à la Russie en 2007. Il a été capturé quatre ans plus tard lorsque le FBI en a informé le Service canadien du renseignement de sécurité.

Il a plaidé coupable d’avoir régulièrement envoyé des renseignements occidentaux classés secrets en Russie en échange de 3000 $ par mois.

L’analyste de l’évaluation des menaces navales a utilisé des disquettes et des clés USB pour envoyer illégalement des informations en provenance du NCSM Trinity, le centre de renseignement militaire de la côte est situé à Halifax.

Deux membres de la commission de libération conditionnelle, qui ont présidé une audience mardi au pénitencier de Dorchester, au Nouveau-Brunswick, ont déterminé qu’il n’était pas susceptible de récidiver.

La décision du conseil note que Delisle avait affirmé que ses motivations n’étaient pas financières, et a décrit comme un « suicide professionnel » son approche des Russes alors qu’il vivait une période émotionnellement éprouvante dans sa vie personnelle.

« Vous avez déclaré que vous essayiez délibérément de laisser une trace évidente dans l’espoir d’être pris », a indiqué le conseil dans son jugement.

Il a avoué que son mariage avait échoué et qu’il avait cherché à rétablir son estime de soi et son ego en proposant d’espionner pour les Russes. Il a dit vouloir « détruire » tout ce qui était bien en lui, car ces attributs positifs avaient été rejetés par la personne en qui il avait le plus confiance.

« Essentiellement, vous vous êtes tourné vers le crime et des comportements très risqués pour tenter de gérer vos troubles personnels », résume le jury.

Le rapport de la commission des libérations conditionnelles note que M. Delisle a depuis appris à se concentrer davantage sur lui-même, et à moins blâmer son ex-épouse pour ses crimes. Il est aussi noté qu’il a reconnu que son espionnage aurait pu blesser des collègues et d’autres personnes.

La libération conditionnelle peut durer jusqu’à six mois et débutera en septembre. Elle peut aussi commencer plus tard, dépendant de la disponibilité d’un lit dans un établissement qui n’a pas été spécifié.

Jeffrey Delisle devra se rendre à la maison de transition tous les soirs. Le conseil a indiqué qu’il devait suivre son plan de traitement « dans le domaine des relations personnelles, affectives et de l’attitude » pendant sa libération conditionnelle.

La décision précise que Delisle a commencé à payer la somme de 111 817 $, soit le montant qu’il a reçu des Russes.

Il aurait une nouvelle partenaire, prévoit se chercher un emploi et faire du bénévolat pour redonner à la communauté, est-il écrit.