La «saison des ours» achève.

Les ours retourneront bientôt en forêt

Les ours qui sévissent dans les zones urbaines de l’Outaouais et de l’Est ontarien devraient bientôt retourner à leurs forêts, selon un biologiste du ministère des Forêts, de la Faune, et des Parcs du Québec.

Les ursidés ont fait des incursions remarquées dans les secteurs habités, en cette fin d’été. Certains ours noirs ont fait la manchette et sont devenus des vedettes des réseaux sociaux.

Les ours ont attiré l’attention dans le marché By, à Ottawa, et, plus récemment, près d’écoles de Gatineau, et de résidences de Chelsea, de Cantley et de Maniwaki.

D’ailleurs, un résident de Côte d’Azur, secteur Gatineau, a confié au Droit une vidéo maison d’un ours de 18 mois, mangeant des glands en haut de son grand chêne, quelque peu mal pris.

« À cette période de l’année, les ours ne ressentent pas la satiété. Ils ont toujours faim », rappelle André Dumont, biologiste au ministère.

« Il y a définitivement plus d’ours en ville cette année », dit-il. L’année 2018 ressemble à 2009 et 1995 à ce chapitre.

Les ours consomment en moyenne 20 000 calories par jour en cette période de l’année, alors qu’ils se préparent à hiverner pendant cinq mois.

« Si j’avais une prédiction à faire, précise le biologiste de la grande faune, je dirais que leur présence (en milieu urbain) va diminuer d’ici une semaine ou deux. La nourriture qu’ils retrouvent en ville et dans ses boisées (notamment dans les arbres fruitiers) est plus abondante en août et septembre. Généralement, la période la plus achalandée (des ours en ville) est celle du 15 août au 15 septembre, ce qui coïncide avec le début de la chasse, le 21 septembre. »

L’ours noir est un « végétarien opportuniste » qui se nourrit parfois d’animaux morts. Il n’agit pas en prédateur, et se comporte généralement comme une proie devant un humain.

Dans l’arbre

Mardi, un résident de Côte d’Azur a filmé la bête dans son arbre. En attendant les experts, en route pour endormir la bête, des agents de la Faune ont conseillé à un voisin de rester sous l’arbre afin forcer l’ours à rester là-haut, pour ne pas qu’il prenne la fuite.

L’ours a été endormi et reconduit dans son milieu naturel.

« Mais il ne faut pas s’amuser à pousser l’ours dans un coin pour prendre des photos », avertit le biologiste. « Ces consignes étaient données précisément pour cette situation. »

Plus de 60 signalements ont été enregistrés dans la région, ces dernières semaines. « Cela ne veut pas dire que ce sont 60 ours différents », précise le biologiste.

Les ours qui s’égarent en ville sont souvent jeunes. « Les adultes sont plus craintifs, et les jeunes, moins prudents. »

Les ours ont provoqué de petites commotions dans les écoles de la ville comme à l’École Le Petit Prince, qui a gardé ses élèves marcheurs à l’intérieur, en attendant que leurs parents viennent les chercher, mardi.

Il est possible que cet ours soit le même qui a été filmé dans un arbre du même quartier.

« On voit les ours où ce n’est pas complètement urbain. Gatineau compte des forêts, des lacs, des rivières, des tracés de lignes d’Hydro-Québec. Ce sont de bons habitats pour les ours. Par exemple, la forêt Boucher (Aylmer) compte de nombreux pommiers sauvages. Les ours raffolent des fruits. »

D’ailleurs, un ours est resté coincé sur le boulevard des Allumettières, près de la forêt Boucher, il y a quelques jours. Les policiers de Gatineau ont dû abattre l’ours, gravement blessé.