Les étudiants qui organisent la «semaine d'initiation» à l'Université d'Ottawa ne seront pas autorisés à administrer l'antidote à une surdose d'opioïdes, pour une question de responsabilité civile.

Les organisateurs de l'initiation à Ottawa n'auront pas de naloxone

Les étudiants qui organisent la «semaine d'initiation» à l'Université d'Ottawa ne seront pas autorisés à administrer l'antidote à une surdose d'opioïdes, pour une question de responsabilité civile.
Hadi Wess, président de la Fédération des étudiants de l'Université d'Ottawa, explique que l'association souhaitait qu'une centaine d'étudiants soient munis d'une trousse contenant du naloxone, afin de réagir rapidement à toute surdose d'opioïdes pendant les activités d'initiation de la longue fin de semaine.
L'association étudiante du premier cycle a cependant dû renoncer à cette idée après consultations avec des avocats, des organismes de santé publique et des services de sécurité du campus, car ces «anges gardiens» pourraient être l'objet de poursuites si l'injection n'était pas administrée correctement, explique M. Wess.
Contrairement à ce qui se passe dans plusieurs autres universités, les activités d'initiation à Ottawa sont en majeure partie organisées par l'association étudiante, et non l'administration. L'association doit donc prendre des précautions supplémentaires en matière d'assurance responsabilité, en vertu de la Loi sur les organisations sans but lucratif de l'Ontario, indique M. Wess.
Les leaders étudiants ont tout de même été formés pour alerter rapidement les ambulanciers en cas de surdose d'opioïdes, parfois glissés dans d'autres drogues, a-t-il précisé.
Rosana Salvaterra, une agente de santé publique à Peterborough, en Ontario, s'étonne que le naloxone, un «formidable outil» contre les surdoses, soit ainsi exclu des activités d'initiation à l'Université d'Ottawa.
Elle rappelle que l'injection est aussi simple à administrer que l'adrénaline en cas de réaction allergique grave (l'«Epipen»), et que les risques d'ennuis sont «extrêmement faibles». Par ailleurs, l'injection de naloxone à quelqu'un qui n'en aurait pas besoin ne pose aucun risque sérieux, soutient Mme Salvaterra.