Le Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille a traité 591 demandes de services en 2016-2017, provenant de gens confrontés à la réalité d'abus sexuel sur un enfant.

Les mineurs victimes d'abus sexuels brisent le silence

Les mineurs victimes d'abus sexuels n'ont jamais été aussi nombreux à dénoncer leur agresseur, en Outaouais. Le Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF) a enregistré une augmentation de 29% de demandes d'aide au cours de la dernière année.
« C'est gigantesque », se réjouit le directeur général du CIASF, Simon Drolet.
La bonne nouvelle est que le message passe de plus en plus. La multiplication des sorties médiatiques de victimes, qui brisent le silence malgré leur jeune âge, explique en partie le phénomène, selon le directeur du CIASF de l'Outaouais.
L'organisme a reçu cette année Laura Couillard, 14 ans, qui a beaucoup fait parler d'elle lorsqu'elle a dénoncé sur toutes les tribunes le conjoint de sa grand-mère.
« Socialement, on dénonce de plus en plus », remarque M. Drolet.
De meilleures ressources financières disponibles ne sont pas étrangères à cette vigueur renouvelée du CIASF de l'Outaouais, qui soufflera très bientôt ses 30 bougies.
Des revenus en hausse de 20%, qui proviennent entre autres des Caisses Desjardins et du ministère de la Justice du Québec, permettent l'embauche et le maintien d'emploi de psychothérapeutes et d'intervenants en abus sexuels.
En assemblée générale annuelle, mercredi, M. Drolet a souligné que cette augmentation des revenus de 20% permet de payer davantage de salaires et de fournir plus de ressources aux jeunes victimes et à leurs familles.
L'augmentation des demandes de services de 29%, en 2016-2017, succède à une autre année aussi intéressante. L'organisme a connu une hausse de la demande de service de 16%, lors de la campagne 2015-2016.
« Les jeunes dévoilent de plus en plus, commente le directeur général. On le voit sur Facebook, dans les médias traditionnels. Mais il reste encore, dans le bloc occidental, 85% de jeunes qui ne dénoncent pas leur agresseur, car ils font souvent partie de la même famille. »
Le CIASF s'occupe aussi, à travers des thérapies et des rencontres avec des intervenants, des adultes agresseurs ou pédophiles.
Puisqu'une proportion non négligeable des agresseurs font partie des familles touchées, le CIASF dit avoir amélioré son programme de réunification familiale. Ce sont neuf familles, comprenant 49 personnes, qui se sont impliquées, en 2016-2017.
L'idée est de permettre aux enfants et adolescents de « verbaliser leurs besoins et leur cheminement à l'agresseur sexuel et aux autres membres de la famille », lit-on dans le rapport annuel du CIASF.
En 2017-2018, l'organisme prévoit ouvrir une maison dédiée aux enfants victimes d'abus sexuel et aux parents les protégeant.
Près de 30% des personnes accueillies au CIASF proviennent de l'extérieur de Gatineau.
Em chiffres
91% des personnes complètent leur processus au CIASF de l'Outaouais
29% plus de demandes de services, par rapport à 2015-2016, qui avait aussi connu une augmentation significative de 16%
662 128$: revenus du CIASF, une augmentation de 20% par rapport à l'année dernière
591 demandes de services traités au CIASF en 2016-2017, provenant de gens confrontés à la réalité d'abus sexuel sur un enfant (458 en 2015-2016, et 391 en 2014-2015)
8,24 ans: âge moyen des mineurs qui demandent des services du CIASF
43 ans: âge moyen des adultes qui demandent des services au CIASF
29,5% des personnes accueillies proviennent de l'extérieur de Gatineau
63%: proportion des subventions données par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais
Fréquentation de thérapies par les enfants (par tranches d'âge)
3-5 ans: 30%
6-8 ans: 25%
9-12 ans: 28%
13-17 ans: 17%
Les filles de 6 à 11 ans forment le groupe prédominant des victimes d'agression sexuelle grave chez les mineurs