Le Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec veut attirer l'attention sur les négociations difficiles avec l'employeur en vue du renouvellement de sa convention collective.

Les constables spéciaux en rose

Les constables spéciaux du palais de justice de Gatineau portent le rose depuis mardi, ce qui pourrait avoir des conséquences dans les salles de cour dès mercredi.
Le Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec (SCSGQ) veut attirer l'attention sur les discussions qui achoppent avec son employeur, dans le cadre du renouvellement de sa convention collective.
Si des juges refusent la présence d'un constable vêtu de cette façon, ce dernier devra sortir de la salle et se tenir à l'extérieur. À ce moment, si la sécurité du public est jugée en danger, le tribunal pourra décréter un huis clos, ou carrément reporter la cause.
Les 350 constables spéciaux de la province sont responsables de la sécurité du public, des juges, des procureurs de la Couronne et du personnel de la cour.
Ils doivent aussi assurer la sécurité dans les édifices gouvernementaux et sur la colline parlementaire.
Leur convention collective est échue depuis mars 2015.
Leurs moyens de pression ont débuté le 23 novembre 2016, avec le port de casquettes, de chandails à manches courtes bleus, de casquettes, et, plus récemment, de pantalons aux motifs de camouflage. Le jean fait aussi partie des tenues privilégiées par les syndiqués.
Certains juges ont, jusqu'ici, toléré les habits non conformes dans leurs salles.
Le rose, beaucoup plus voyant, fait son apparition en 2017.
Désaccord
Les juges de la Cour du Québec, au palais de justice de Gatineau, se sont dit publiquement en désaccord avec la tenue rosée des constables, dans leurs salles, mercredi matin.
Sur le coup de 9h et de 9h30, les juges Rosemarie Millar, Richard Laflamme, et Valmont Beaulieu, ont entre autres, indiqué qu'ils ne désiraient pas la présence des constables ainsi vêtus.
La juge Millar a parlé de non-respect du décorum, alors que le juge Laflamme affirme pour sa part qu'il s'agit d'un « accroc majeur » au même nécessaire décorum qui prévaut dans les salles d'audience.
Le juge Beaulieu a dit qu'il s'agissait « clairement d'un geste de manifestation ».
Mais en raison du nombre élevé de témoins, de policiers et de membres du public qui se sont déplacés pour leurs dossiers respectifs, les juges se sont dit dans l'obligation morale de ne pas faire sortir les constables.
La sécurité et l'efficacité des activités de la cour ont prévalu, mercredi.