Sylvain Tanguay a été congédié en juin 2017.

Les colonnes tremblent à la police de la MRC des Collines

Les colonnes de la police de la Municipalité régionale de comté des Collines (MRC) sont ébranlées par une décision que certains décrivent déjà comme étant « dévastatrice ». Trois juges de la Cour du Québec viennent de blanchir l’ex-directeur par intérim du Service de sécurité publique, Sylvain Tanguay, dans une affaire qualifiée par des experts de « plus importante crise de son histoire ».

Le 22 août, trois juges de la Cour Québec en Outaouais, Marie Michelle Lavigne, Denis Lapierre et Jean Faullem, ont renversé la résolution de la direction de la MRC des Collines qui mettait fin à la prestation de travail de M. Tanguay, le 15 juin 2017.

L’inspecteur — et chef par intérim — destitué a tenté de faire le ménage dans son organisation, alors que des policiers multipliaient leurs séances de sommeil, sur leurs quarts de travail nocturnes, loin des regards.

Les magistrats pointent directement certains patrouilleurs ayant profité de l’obscurité de la nuit pour se retirer dans un boisé, et dormir dans leur autopatrouille, pendant leurs quarts de travail.

Les juges en rajoutent, dans leur analyse de cette « crise de l’inactivité, la nuit ».

Cette tempête parfaite a pris sa forme ultime lorsque des policiers ont déposé des griefs, confrontés à l’intransigeance de l’inspecteur Tanguay, insatisfait.

La crise est devenue « une tempête parfaite », rappellent les juges.

Une liste ayant toutes les allures d’une pétition interne a même demandé la tête de M. Tanguay. Des dizaines de policiers l’ont signé.

Selon des employés, Sylvain Tanguay faisait régner un régime de terreur, et harcelait ses subordonnés.

La Fraternité des policiers a défendu ses membres visés par ces allégations de paresse systématique.

Dans sa défense, Sylvain Tanguay a dit ne vouloir que faire son travail, avant que l’avarie ne fasse couler le bateau, déjà torpillé.

D’abord policier de la MRC des Collines, en 1998, Sylvain Tanguay est devenu inspecteur-chef et responsable de l’éthique, de la discipline et de l’Accès à l’information du même service de police.

Il a assisté l’ex-directeur Denis St-Jean, et a assuré l’intérim lorsque ce dernier était en congé de maladie.

M. St-Jean a dit apprécier le travail de son assistant de l’époque.

Climat pourri

Une partie non négligeable des agents sont entrés en conflit avec M. Tanguay, qui avait le mandat de débusquer les agents qui « volaient » des heures de travail à l’employeur.

Les trois juges soulignent de très nombreux éléments troublants de la preuve d’un des procureurs du directeur adjoint déchu, Me Thomas Villeneuve-Gagné.

Selon la firme de consultants Confiance dans les organisations, citée dans la décision, « ce service de police serait essoufflé par les crises internes qui ont presque toujours été présentes. »

Au terme de leur décision de près de 50 pages, les juges infirment la décision du Conseil des maires des la MRC des Collines-de-l’Outaouais de destituer Sylvain Tanguay.

Selon eux, la décision de la direction de la MRC était non fondée et prise trop rapidement.

La Cour du Québec condamne par ailleurs la MRC des Collines à payer à l’inspecteur Tanguay « tout le traitement et les autres avantages et allocations dont il a été privé depuis sa destitution » et à lui payer la somme de 190 916,19 $ et d’autres indemnités.

La police et la direction de la MRC des Collines n’ont pas commenté l’affaire.

En mars 2017, l’ancien directeur de la police de Lévis, Yves Charette, est devenu le nouveau numéro un de la Sécurité publique de la MRC des Collines.