Jonathan Gagnon avait été arrêté en mars 2018, après avoir été découvert intoxiqué et endormi dans l’ancienne remise de ses parents. Il était alors en possession de huit armes à feu.

Le voleur d’armoires écope de neuf mois

Jonathan Gagnon, cet homme de 37 ans épinglé en flagrant délit il y a quelques jours alors qu’il volait les armoires de cuisine d’un logement de Jonquière, passera les neuf prochains mois derrière les barreaux. L’individu a plaidé coupable à une kyrielle d’accusations, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, dont possession de stupéfiants, entreposage et possession illégale d’une arme à feu, vols, introduction par effraction, possession d’outils de cambriolage et bris de probation.

Jonathan Gagnon a été arrêté dimanche alors qu’il tentait de voler les armoires d’un logement inoccupé de la rue Saint-Joseph, à Jonquière. Ce sont des voisins alertés par le vacarme qui ont contacté le propriétaire de l’immeuble. Lorsque les policiers sont arrivés sur place, Gagnon, qui était accompagné d’un complice, a prétexté que le propriétaire lui avait demandé de désinstaller lesdites armoires, ce qui était faux. Gagnon était détenu depuis, puisqu’il était également en attente pour d’autres dossiers au Palais de justice de Chicoutimi.

En effet, Jonathan Gagnon est très bien connu du milieu policier. Les premiers chefs d’accusation auxquels il faisait face remontent au 24 octobre 2017, alors qu’il avait été arrêté après un accident survenu sur l’autoroute 70, entre Jonquière et Larouche. Les policiers dépêchés sur les lieux de l’accident avaient découvert 128 comprimés de métamphétamine et 400 millilitres de GHB dans le véhicule de Gagnon.

« L’endormi armé »

Quelques mois plus tard, soit le 22 mars 2018, les policiers de Saguenay avaient été appelés à intervenir dans l’ancienne maison des parents de Jonathan Gagnon, récemment vendue. Les nouveaux propriétaires avaient retrouvé l’individu intoxiqué et endormi, assis sur une chaise dans la remise. Il était alors en possession de huit armes à feu. Un périmètre de sécurité avait été érigé pour protéger le voisinage. Les policiers s’étaient approchés prudemment de l’individu endormi, l’avaient réveillé et lui avaient demandé de leur donner les armes, ce qu’il avait fait sans résistance. Les policiers avaient également saisi 173 comprimés de métamphétamine sur lui. Gagnon s’était rendu sur place pour aller chercher des effets personnels dans l’ancienne remise de ses parents.

Finalement, le 10 avril 2018, Jonathan Gagnon avait été encore une fois épinglé en flagrant délit, alors qu’il volait une motoneige. Il avait également volé la remorque sur laquelle il avait installé la motoneige dérobée. Aux policiers, il avait affirmé qu’un ami lui avait demandé de lui livrer cette motoneige. L’ami en question avait confirmé ces dires, mais l’enquête a démontré que les deux engins avaient plutôt été volés à de tierces personnes.

Tous ces dossiers devaient revenir en cour en septembre, puisqu’ils avaient été reportés pour des raisons de santé. Jonathan Gagnon souffrait d’un problème à une jambe. Les événements du week-end dernier ont toutefois changé la donne, puisque Gagnon a immédiatement été incarcéré.

L’avocate de la Couronne, Me Mélanie Paré, et l’avocat de la défense, Me Julien Boulianne, ont soumis une suggestion commune de neuf mois de détention au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, mercredi matin. Les deux avocats ont affirmé que Jonathan Gagnon souffrait d’une sérieuse dépendance aux stupéfiants, qui l’amène régulièrement devant les tribunaux.

Il y a quelques années, Gagnon avait écopé d’une première peine de neuf mois de prison pour trafic de stupéfiants.

« Il y a un fil conducteur à cette trame factuelle et c’est la consommation. Monsieur devra faire des efforts pour régler ça », a affirmé Me Paré.

Vêtu d’une camisole blanche depuis son arrestation, dimanche, Jonathan Gagnon a pris le chemin de la détention sans broncher, mercredi matin, après que le juge Lortie ait prononcé la sentence.