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Le sort de Lesage est entre les mains du jury

Il n'y a pas d'inceste si on ne sait pas que l'enfant est le sien, a plaidé la défense, dans le procès de l'heure en Outaouais. Le jury a maintenant le sort du père grand-père de Val-des-Monts entre les mains.
Les plaidoiries ont été faites mardi, dans le procès de Jacques Roger Lesage, et les jurés délibèreront dès mercredi.
L'homme de 79 ans est accusé d'inceste, d'agression sexuelle et d'attentat à la pudeur sur trois de ses filles, entre les années 1970 et 2004. Il a mis sa propre fille Lucie enceinte à trois reprises.
L'avocat de la défense, Me Antonio Cabral, a fait valoir au jury que son client ignorait que Lucie était sa fille au moment des agressions sexuelles. Pour cette raison, a dit Me Cabral, son client doit être acquitté de l'accusation d'inceste sur sa fille.
M. Lesage s'est toutefois rendu à l'évidence, lorsque les tests d'ADN ont prouvé le contraire, non seulement pour la victime, mais pour les enfants nés de l'inceste.
Me Cabral a d'ailleurs soulevé des « contradictions et trous de mémoire » chez les autres femmes, Nathalie Lesage et Chantal Kinppenberg.
Jacques Roger Lesage nie tout en bloc en ce qui concerne ces deux dernières. « Il n'y a pas 56 000 façons de dire "je ne l'ai pas fait" », a dit Me Cabral, espérant que le jury appliquera le « doute raisonnable » au moment de prononcer son verdict.
Doute raisonnable
Me Nadine Piché, procureure de la Couronne, a soulevé l'aplomb des trois victimes, lors de leurs témoignages.
« Gardez la notion de "raisonnable" dans "doute raisonnable", a-t-elle plaidé. Le gros bon sens. »
Selon le ministère public, il ne fait aucun doute que les femmes ont été agressées par leur père, qui devait forcément savoir qu'elles étaient toutes ses filles.
Les versions des témoins contiennent souvent les mêmes lieux d'agression, les mêmes détails et façons de procéder. Nathalie Lesage avait d'ailleurs parlé de « rituel » pour expliquer la répétition des gestes de son père, avant, pendant et après les agressions, dans un motel du secteur Hull.
« Elles ont été cohérentes, et ont parlé avec franchise. »
La famille Lesage, qui paraissait parfaite, cachait l'horreur, a rappelé Me Piché. « Monsieur a témoigné pendant le procès, disant qu'il lui restait 7 ou 8 mois à vivre. Il disait aussi à ses filles, à l'époque, qu'il était malade et qu'elles ne devaient pas être égoïstes avant de les agresser... »