C'est en sanglot que le sénateur Patrick Brazeau a témoigné, vendredi, à son procès pour garde et contrôle d'un véhicule avec les capacités affaiblies par l'alcool.

Le sénateur Brazeau en pleurs

Le sénateur Patrick Brazeau, accusé de garde et de contrôle d'un véhicule alors qu'il avait les capacités affaiblies par l'alcool, a témoigné en sanglot, vendredi.
Le politicien qui a fait les manchettes ces dernières années après avoir reçu une absolution de la cour dans une affaire de violence conjugale et de possession de drogue, et qui a vu les accusations de fraude au sénat qui le visaient être abandonnées, était de retour en cour, au palais de justice de Gatineau.
Cette fois, la Couronne l'accuse d'avoir eu le contrôle de sa voiture alors qu'il était en état d'ébriété, le 13 octobre 2014, à Gatineau.
Le sénateur a expliqué à son avocat, Me Gérard Larocque, qu'il s'était rendu sur la berge de la rivière Gatineau, le matin, avec une caisse de six bières et une bouteille de vodka.
Il a avoué avoir bu une quantité assez importante d'alcool - la moitié d'un 40 onces et quelques bières -, mais nie avoir eu l'intention de reprendre le volant de sa voiture, parce qu'il était intoxiqué.
Ne sachant plus où aller après sa rupture amoureuse et pris dans la tourmente médiatique pour les allégations criminelles le concernant, il avait fait, deux mois auparavant, une tentative de suicide.
M. Brazeau a pris une longue pause, en sanglotant avant de parler des difficultés qui l'avaient poussé au fond du précipice, dans la dépression, et au milieu de ruptures amoureuses et familiales. Sa suspension du sénat, qu'il a réintégré depuis, a été un coup dur, dit-il.
L'accusé dit avoir appelé deux amis pour trouver refuge, ce jour-là, car il n'avait plus de maison, ni de revenu. « Je n'avais nulle part où aller », a-t-il dit, émotif, vendredi.
C'est en attendant un de ses amis - qui devait partir de Maniwaki pour le ramener dans la Haute-Gatineau - qu'il s'est installé dans sa voiture, pour l'attendre et faire charger son téléphone cellulaire.
L'ami a tenté de le rappeler, mais il n'a pas pu le joindre parce que M. Brazeau venait d'être arrêté par la police de Gatineau.
Un policier a témoigné en indiquant que le suspect tentait de lui couper la parole pendant l'intervention. Le même agent est passé deux fois devant la voiture de M. Brazeau en l'espace de 45 minutes, pendant l'après-midi.
M. Brazeau avait deux fois la limite permise d'alcool dans le sang. Le procureur de la Couronne, Me François Santerre, a plaidé que l'accusé était instable et intoxiqué, deux ingrédients rendant une personne imprévisible. « Il aurait pu prendre sa voiture et conduire en état d'ébriété. »
Le juge Richard Laflamme a pris la cause en délibéré, au terme du procès de quelques heures.
Il rendra sa décision en avril.