Les agents de la paix au palais de justice de Gatineau tiennent des moyens de pression en portant des chandails roses.

Le rose ne plaît pas aux juges

Les chandails roses des constables spéciaux n'ont pas plu aux juges de la Cour du Québec, mercredi, au palais de justice de Gatineau.
Les magistrats se sont dits publiquement en désaccord avec la tenue des agents de la paix en moyen de pression, dans leurs salles.
En début de journée, les juges Rosemarie Millar, Richard Laflamme, et Valmont Beaulieu, ont, entre autres, indiqué qu'ils ne désiraient pas la présence des constables, vêtus de cette façon.
La juge Millar a parlé de non-respect du décorum, alors que le juge Laflamme a affirmé pour sa part qu'il s'agissait d'un « accroc majeur » à ce même décorum, qui prévaut dans les salles d'audience.
Le juge Beaulieu a dit qu'il s'agissait « clairement d'un geste de manifestation ».
Mais en raison du nombre élevé de témoins, de policiers et de membres du public qui se sont déplacés pour leurs dossiers respectifs, les juges se sont dit dans l'obligation morale de ne pas faire sortir les constables.
La sécurité et l'efficacité des activités de la cour ont prévalu, mercredi.
Toutefois, en après-midi, un juge venu de l'extérieur pour siéger sur une affaire au criminel, Jean-Pierre Dumais, a demandé au constable de sa salle d'aller changer sa tenue.
Tous les constables ont fait savoir aux juges que cela leur était impossible, mercredi.
Le constable visé est donc resté à l'extérieur de la salle, pendant que les audiences se poursuivaient de l'autre côté de la porte.
Ce dernier a fait le guet à l'extérieur de la salle, pendant que le dossier était entendu de l'autre côté de la porte.
Le Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec (SCSGQ) veut attirer l'attention sur les discussions qui achoppent avec son employeur, dans le cadre du renouvellement de sa convention collective.
Les 350 constables spéciaux de la province sont responsables de la sécurité du public, des juges, des procureurs de la Couronne et du personnel de la cour.
Ils doivent aussi assurer la sécurité dans les édifices gouvernementaux et sur la colline parlementaire.
Leur convention collective est échue depuis mars 2015.
Leurs moyens de pression (casquette ou pantalon de camouflage) ont débuté le 23 novembre 2016.