Casey Jennifer Delaney rêvait de devenir enseignante, « mais aujourd’hui, dit-elle, j’ai des problèmes de mémoire. J’ai de la difficulté à rester éveillée. Je ne suis plus la même qu’avant. Je ne peux plus conduire et j’ai dû abandonner plusieurs activités physiques. J’ai l’impression de vivre dans un corps différent. Je ne sais pas vraiment comment vivre cette nouvelle vie. »

Le rêve brisé d’une future enseignante

Casey Jennifer Delaney caressait le rêve de devenir enseignante, et d’aider les enfants à faire leurs premiers pas à l’école. Mais tout a basculé le 1er juillet dernier, quand un parfait inconnu, Robin James Golby, l’a percutée avec sa motomarine, sur la rivière Gatineau, à Bouchette.

Entourée de ses amies, de son fiancé, et de sa famille, vendredi, elle a raconté comment tout cela lui semblait dorénavant très loin, alors qu’elle éprouve toujours des pertes de mémoire et de grandes fatigues. 

L’homme de 43 ans, d’Orléans, à Ottawa, a plaidé coupable à un chef de conduite dangereuse causant des lésions, et un chef de délit de fuite, vendredi, au palais de justice de Gatineau.

Selon une proposition conjointe de la part de la défense et de la Couronne, le juge Richard Laflamme l’a condamné à une peine de 23 mois de détention à sa résidence, plus 30 jours à purger en détention, les fins de semaine.

M. Golby s’est engagé à rembourser une somme de 8 000 $ à la victime, qui a subi deux chirurgies au cerveau, et à compléter 120 heures de travaux communautaires.

Le 1er juillet 2018, le caporal Golby (l’accusé fait partie des Forces armées canadiennes) s’amusait à arroser d’autres plaisanciers, sur la rivière Gatineau.

Sur sa motomarine, M. Golby tentait de se rapprocher d’une île pour arroser des gens qui se trouvaient sur la berge. En tentant d’effectuer la manœuvre une deuxième fois, il a heurté une structure gonflable.

Casey Jennifer Delaney, alors âgée de 27 ans, a été heurtée de plein fouet. Le véhicule nautique a percuté la structure gonflable sur laquelle elle se trouvait. La jeune femme a été transportée à l’Hôpital d’Ottawa, où elle a été plongée dans un coma pendant une semaine.

« Lorsque je me suis réveillée, a-t-elle dit au juge Laflamme, je n’avais aucune idée de la raison de ma présence sur le lit d’hôpital. Je ne me souviens de rien. »

La jeune femme voulait faire carrière en enseignement. « Mais aujourd’hui, dit-elle, j’ai des problèmes de mémoire. J’ai de la difficulté à rester éveillée. Je ne suis plus la même qu’avant. Je ne peux plus conduire et j’ai dû abandonner plusieurs activités physiques. J’ai l’impression de vivre dans un corps différent. Je ne sais pas vraiment comment vivre cette nouvelle vie. »

Lors de la même audience, son fiancé a dit au juge qu’à l’époque, il se préparait à la demander en mariage, au cours du même été. Les projets du couple ont été renversés. Physiothérapie, opérations au cerveau, rémission et encore des thérapies ponctuent le quotidien de la femme.

Les regrets du coupable

Robin James Golby, père de quatre enfants, s’est levé à son tour, après avoir plaidé coupable. Regardant directement la famille dans la salle d’audience, il a demandé pardon. Il dit reconnaître sa faute, ses gestes, et le fait qu’il aura cet incident sur la conscience toute sa vie.

Après l’incident regrettable, le conducteur de la motomarine avait pourtant pris la fuite. Il n’a été arrêté que dix jours plus tard, après qu’il eut contacté la police militaire. Il s’est rendu à la Sûreté du Québec, qui enquêtait alors pour délit de fuite ayant causé des lésions et conduite dangereuse.