Une chicane de voisin avec comme toile de fond un chien carlin, ou pug, a connu son dénouement au palais de justice de Gatineau.

Le pug, un dangereux chien de combat ?

Une présumée victime n’a pas convaincu le tribunal lorsqu’il a allégué que son voisin avait ordonné à son chien carlin (pug) de l’attaquer.

La petite bête, pas très crédible en situation d’attaque, pèse de 8 à 12 kg. Sa face plate et ses yeux globuleux ne pèsent pas lourd lorsque vient le temps d’intimider un voisin, même très peureux envers la race canine.

Un court procès s’est terminé avec l’acquittement du propriétaire du petit pug.

C’est une autre affaire de chicane interminable entre voisins qui a occupé le juge Gaston Paul Langevin, vendredi, au palais de justice de Gatineau.

Le plaignant et sa victime alléguée habitent dans le même édifice à logements, dans le secteur Gatineau.

Les deux en viennent régulièrement aux altercations verbales.

Le plaignant, qui avoue souffrir de psychoses, s’est dit intimidé par son voisin, propriétaire du petit chien, en mars 2017.

Alors que le jeune homme venait de « balancer » un vieux meuble par-dessus son balcon du premier étage, afin de le jeter aux ordures, l’autre locataire aurait ouvert sa porte-fenêtre en multipliant les injures.

« Ça a fait du bruit, convient le plaignant. Je crois qu’il n’a pas aimé cela. Il est sorti sur son balcon pour me crier d’aller chier, en me traitant de nègre. Il a aussi frappé (dans sa porte-fenêtre) très fort. Puis, il a ordonné à son chien de m’attaquer. »

Le chef d’accusation contre lequel l’homme devait se défendre était celui de ne pas avoir respecté un engagement du tribunal, soit de ne pas parler à son voisin.

Quelle sorte de chien ?

« Quelle sorte de chien, il a, votre voisin ? », a demandé l’avocate de la défense, Me Geneveive Casey.

« Un pug », a répondu le plaignant.

La race a plus tard été confirmée par l’accusé. « C’est un pug... un petit pug. »

L’accusé, dans la jeune trentaine, a donné sa version des faits.

« (Le plaignant) fait tellement de bruit avec sa radio. Il est tellement bruyant. J’ai trois enfants, et parfois, ils ont peur. Ce jour-là, (ses agissements) m’ont fâché. On cherche à déménager, parce qu’on n’est plus capables d’endurer cela. Il (le plaignant) m’a déjà cassé les dents. Ce sont des chicanes à répétition. »

D’ailleurs, cette affaire de dents cassées fait l’objet d’un autre procès, dans lequel la victime et le plaignant ont des rôles inversés.

Le juge Langevin a acquitté le voisin propriétaire de pug. Il n’a pas cru la version d’un témoin, soit le grand-père de la victime alléguée, sur le déroulement des événements.

Le juge a dit qu’il ne savait pas qui croire dans cette histoire, ajoutant qu’il doutait de la crédibilité du plaignant. Il a tranché en faveur de l’accusé, qui affirmait ne jamais être sorti de chez lui pour invectiver son belligérant.

Dans le doute, il a acquitté le voisin, dont le chien n’a jamais intimidé personne.

Puisque l’accusé a été acquitté, et que la santé mentale du plaignant est en cause, les identités ont été masquées.