Le propriétaire du 4 jeudis et du Piz’za-za de Gatineau se retrouve devant les tribunaux.
Le propriétaire du 4 jeudis et du Piz’za-za de Gatineau se retrouve devant les tribunaux.

Le propriétaire du 4 jeudis accusé de recel

Le propriétaire du 4 jeudis et du Piz’za-za de Gatineau se retrouve devant les tribunaux pour recel de voitures, a appris Le Droit. Parallèlement à ces accusations de nature criminelle, une institution financière le poursuit au civil en lui reprochant d’avoir utilisé ses commerces comme «paravents corporatifs» pour louer des voitures de luxe, mystérieusement disparues.

Alex Duhamel, propriétaire des deux établissements de la rue Laval depuis 2016, a été interrogé par la police de la MRC des Collines au mois de mai.

Les enquêteurs ont été mis au fait de la présence de deux véhicules rapportés volés dans le garage où réside l’homme d’affaires, à Chelsea.

Alex Duhamel, propriétaire du 4 jeudis et du Piz’za-za depuis 2016

Selon nos informations, M. Duhamel a collaboré et s’est rendu au poste de police sans être en état d’arrestation, le 14 mai.

Ce n’est que trois semaines plus tard que les autorités ont soumis leur dossier d’enquête au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui a autorisé deux chefs d’accusation de recel de plus de 5 000$.

Les véhicules saisis sont une camionnette Chevrolet Silverado 2020 rapportée volée chez un concessionnaire du secteur Orléans, à Ottawa, le 9 avril, ainsi qu’une Audi Q5, rapportée volée chez un propriétaire montréalais en 2016.

Les policiers auraient eu la puce à l’oreille lorsque le service d’assistance routière OnStar les eut avertis qu’une camionnette volée se trouvait sur leur territoire, à une adresse bien précise. Cette adresse était celle de M. Duhamel, nous a confirmé la police de la MRC des Collines.

Après avoir essuyé un premier refus des occupants d’ouvrir la porte du garage, les policiers ont contacté le même service d’assistance routière, qui a non seulement bloqué le démarreur du véhicule, mais activé son klaxon à distance afin de le faire entendre par les agents sur place.

M. Duhamel, qui a plaidé non coupable à ces accusations, a présenté au tribunal une requête en restitution de biens saisis.

Aucun employé de ces deux commerces bien connus à Gatineau n’est impliqué dans cette affaire.

Ni M. Duhamel ni son avocat, Me Michel Swanston, n’ont voulu commenter le dossier.

Le propriétaire du 4 jeudis et du Piz’za-za de Gatineau se retrouve devant les tribunaux.

«Paravent corporatif»

Par ailleurs, un autre dossier parallèle - et civil - implique M. Duhamel, ses deux entreprises et la compagnie Mercedes. Cette fois, il est pointé du doigt par cette dernière pour avoir présumément utilisé le Café Les Quatre Jeudis et le Piz’za-za comme «voile corporatif afin de faciliter l’obtention d’un financement pour la location» de voitures de luxe, et leur exportation illégale vers l’Asie, révèlent les documents judiciaires

Devant la Cour supérieure du Québec, la Corporation de services financiers Mercedes-Benz Canada jette cet autre pavé dans la marre en réclamant à l’homme d’affaires une importante somme reliée à des voitures louées, mais jamais retrouvées. «Il est clair, conclut Mercedes, que (M. Duhamel) a utilisé Piz’za-za Ltée et Café Les Quatre Jeudis Ltée comme paravents corporatifs, afin de faciliter l’obtention du financement sur les deux véhicules (...).»

Ce dédale contractuel de plus de 100 000$ s’est retrouvé devant la Cour supérieure cet hiver.

Dans sa décision ordonnant le transfert de ce dossier du district judiciaire de Montréal à Gatineau, la juge Hélène Langlois résume la position de la Corporation, qui réclame des paiements de 53 146,02 $ et de 68 323,99 $ pour des véhicules loués, mais jamais retrouvés.

Selon la Corporation de services financiers Mercedes-Benz Canada, «ce dernier loue des véhicules de luxe pour ensuite soit les louer à des tiers et/ou les revendre à l’extérieur du pays».

Aucune de ces allégations n’a encore été prouvée devant le tribunal. Les procédures suivent leur cours.

Dans sa requête, Mercedes n’hésite pas à parler de «stratagème frauduleux», ajoutant qu’il y a eu ces dernières années une recrudescence importante d’exportation de véhicules de luxe «similaires à ceux loués à ces sociétés par actions, principalement vers des pays asiatiques et ce, dans le but de ventes à haut prix».

C’est pour cette raison que le 11 novembre 2019, Mercedes a envoyé des mises en demeure à M. Duhamel afin qu’il lui exhibe les deux véhicules.

«En effet, lit-on dans les documents judiciaires, il appert qu’Alex Duhamel s’est caché derrière (ses deux commerces), pour en l’espèce procéder à l’exportation des véhicules qui sont pourtant la propriété de (Mercedes) et laquelle exportation est proscrite aux termes des contrats de location (...).»