Pour administrer le nouveau programme, l'Université d'Ottawa va créer le Centre canadien du programme de contestation judiciaire (CCPCJ), une entité indépendante quant à ses orientations et ses décisions.

Le Programme de contestation judiciaire sera administré par l'Université d'Ottawa

Le Programme de contestation judiciaire (PCJ) sera administré par l'Université d'Ottawa, a confirmé la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.
Pour administrer le nouveau programme, l'Université d'Ottawa (U. d'O.) va créer le Centre canadien du programme de contestation judiciaire (CCPCJ), une entité indépendante quant à ses orientations et ses décisions. 
Le nouveau Centre appuiera deux comités d'experts chargés de prendre les décisions concernant le financement. Le premier comité sera responsable des demandes touchant les langues officielles et le second étudiera celles des droits de la personne. 
Trois personnes assureront la direction du nouveau Centre, soit le directeur de l'Institut des langues officielles et du bilinguisme, le directeur du Centre de recherche et d'enseignement sur les droits de la personne et un professeur de droit linguistique de la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa. 
« En prônant dès l'origine l'inclusion de la Charte des droits et libertés dans la Constitution de 1982, nous nous engageons à la pleine réalisation de celle-ci », a indiqué John Packer, professeur au Centre de recherche et d'enseignement sur les droits de la personne de la Faculté de droit.
Jérémie Séror, directeur de l'Institut des langues officielles et du bilinguisme de la Faculté des Arts, a rappelé la longue tradition d'excellence pour tout ce qui touche aux droits constitutionnels et aux droits linguistiques. « C'est cette expertise que nous allons mettre à la disposition des Canadiens », a souligné M. Séror.
Les membres des comités d'experts n'ont pas encore été choisis, et le processus pourrait prendre encore quelques mois.  
Le choix de l'U. d'O. a été fait via un concours organisé par le gouvernement fédéral à la suite de l'annonce du rétablissement du PCJ en février dernier. Mis sur pied en 1994, il avait été aboli en 2006 par l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper.
Répondant à une contestation judiciaire de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA), le gouvernement avait accepté de créer le Programme d'appui aux droits linguistiques (PADL), qui était également administré par l'Université d'Ottawa, avec un budget annuel de 1,5 million $, soit le même qui sera consacré aux causes touchant les droits linguistiques du nouveau PCJ. 
Lors des discussions entourant le rétablissement du PCJ, la FCFA a toujours défendu l'idée d'un programme d'appui distinct pour les droits linguistiques. Rappelons qu'à la fin 2015, les responsables du PADL avaient indiqué qu'une dizaine de causes touchant des droits linguistiques n'avaient pu obtenir d'aide au cours des deux années précédentes, faute d'un financement suffisant au programme.