Les deux corps ont été découverts à proximité d’une remise du 1615, avenue Apeldoorn, dans le quartier Carleton Heights, à Ottawa.

Le procès d'un jeune autiste avorte

Les colonnes du palais de justice d’Ottawa ont tremblé, lundi, alors qu’un juge de la Cour supérieure a ordonné l’avortement du procès d’un jeune autiste, accusé du meurtre prémédité de ses parents. La cause de cet avortement est d’autant plus troublante, puisqu’elle découle d’une confidence de l’accusé à un psychiatre, selon laquelle il avait été abusé sexuellement par son père, Dave Rogers, un journaliste retraité du Ottawa Citizen.

Cet examen psychiatrique, commandé par la défense dans le cadre du procès de Cameron Rogers, a eu un « effet domino », lundi.

Le tribunal entamait sa cinquième des six semaines prévues dans le procès devant jury de Cameron Rogers, 24 ans.

Le jeune homme est accusé d’avoir tué ses parents adoptifs, Dave Rogers, 69 ans, et sa conjointe, Merrill Gleddie Rogers, une fonctionnaire de 63 ans, en novembre 2016.

Les deux corps ont été découverts à proximité d’une remise de l’arrière-cour du 1615, avenue Apeldoorn, dans le quartier Carleton Heights, à Ottawa.

Selon la thèse initiale de la Couronne, le suspect a commis le pire avant de s’enfuir à Montréal, où il a erré, et appelé la police, pour avouer son crime.

Le suspect du meurtre de ses parents, Cameron Rogers, en 2014.

Rapport psychiatrique

Ces allégations d’abus sexuels, remontant à l’enfance, ont causé la surprise tant chez les avocats de la défense que les procureurs de la Couronne.

Lorsqu’il en a pris connaissance, ces derniers jours, le tribunal a rapidement imposé une ordonnance de non-publication, qui finalement été levée lundi après-midi.

« En plus de ces allégations d’abus, nous avons de nouvelles informations indiquant qu’il n’y avait pas d’intention spécifique (de tuer) de la part de notre client, lorsque le drame est survenu », explique l’avocat de la défense, Me Pierre-Olivier Lemieux.

Pour l’instant, Cameron Rogers est toujours accusé de meurtre avec préméditation.

Puisque la Couronne peut demander une contre-expertise psychiatrique, le tribunal a besoin de plus de temps pour offrir à tous un procès juste et équitable.

Le psychiatre dont les services ont été retenus par le ministère public n’est pas disponible avant 2019. 

« Évidemment, tout cela entraîne des délais », concède Me Lemieux.

Jury remercié

Le jury qui entendait l’affaire n’était pas au courant de ces informations critiques. Il était interdit de les publier avant lundi.

Les nouvelles allégations concernant les abus sexuels devaient faire l’objet de longs et nombreux débats hors jury. Le tribunal s’est vu forcé d’allonger la durée du procès, au moins jusqu’à la fin du mois de février 2019.

« L’effet domino » s’est fait sentir, alors que trois des douze jurés ont indiqué au juge que leur emploi du temps, ainsi que leurs obligations familiales et professionnelles ne leur permettaient pas de poursuivre dans cette veine jusqu’en 2019.

Le juge Kevin Phillips a dit comprendre leurs réalités, confirmant de plus que ce jury à neuf personnes « n’était plus constitué de façon conforme ».