Laura Miller

Le procès de deux ex-adjoints de Dalton McGuinty s'ouvre

TORONTO - Deux membres de la garde rapprochée de l'ancien premier ministre libéral de l'Ontario Dalton McGuinty ont plaidé non coupables, lundi, d'avoir détruit des courriels internes qui concernaient l'annulation de deux projets de construction de centrales au gaz - une décision qui aurait coûté 1,1 milliard $ aux contribuables.
La police soutient que David Livingston, qui était alors chef de cabinet de Dalton McGuinty, et son adjointe Laura Miller auraient embauché le conjoint de celle-ci pour effacer le contenu d'une vingtaine de disques durs dans les bureaux du cabinet du premier ministre en 2013. Le conjoint de Mme Miller, un expert en informatique, était déjà contractuel auprès du Parti libéral de l'Ontario.
Ces disques durs contenaient apparemment des courriels concernant la décision du gouvernement libéral d'abandonner l'idée de construire deux centrales au gaz naturel, juste avant les élections générales de 2011. Cette annulation de contrats aurait coûté plus d'un milliard de dollars aux contribuables ontariens - et elle a assombri la sortie de M. McGuinty en juin 2013.
M. Livingston et Mme Miller ont été formellement accusés, en décembre 2015, d'abus de confiance, de méfait et d'utilisation non autorisée d'un ordinateur.
Ce procès très attendu a finalement débuté lundi, à Toronto, avec des critiques adressées à la Couronne par la défense.
L'avocat de M. Livingston a notamment soutenu que les notes des policiers déposées au dossier étaient inhabituellement sommaires, comme si on leur avait demandé de demeurer énigmatiques. Me Brian Gover a aussi dénoncé le fait que la Couronne ait décidé soudainement de réduire de 24 à 12 le nombre de témoins qu'elle appellera à la barre, sans expliquer pourquoi. Il a aussi soutenu que la Couronne refusait de déposer la transcription d'interrogatoires menés plus récemment.
La défense a d'ailleurs demandé lundi au juge Timothy Lipson, de la Cour de l'Ontario, un ajournement d'une semaine, dans ce procès qui devrait en durer six.
Le procureur Tom Lemon ne s'est pas opposé à cet ajournement, même s'il a qualifié d'excessives les allégations de la défense. Il a expliqué que le nombre de témoins avait été réduit de moitié pour éviter les redites. Il a par ailleurs refusé de dévoiler le contenu des conversations entre la poursuite et ses témoins, qui sont confidentielles, a-t-il plaidé.