Philip Nicolas Wilson utilisait sa copine pour filmer les viols qu'il perpétrait puis pour rassurer ses victimes à leur réveil.

Le prédateur sexuel au sourire charmeur

Un prédateur sexuel est reconnu coupable d'avoir drogué 14 femmes pour les agresser sexuellement, devant la lentille d'un téléphone cellulaire, à Ottawa. La décision du juge Charles T. Hackland, de la Cour de l'Ontario, résume des scènes aussi dégradantes qu'infernales, qui se sont produites entre 2013 et 2015.
Sur ses photos, partagées sur Facebook ou Instagram, Philip Nicolas Wilson se montre souriant et charmeur. Selon le juge, il s'agit plutôt d'une « brute condescendante », et d'un homme extrêmement violent envers sa conjointe.
En mars 2011, Wilson a fait la connaissance d'une jeune universitaire qui servait dans un bar de la capitale. « Heidi », de son nom fictif, est devenue sa conjointe. Au fil des ans, elle a développé une dépendance à la cocaïne que vendait son conjoint, dans le marché By. À la cocaïne se sont ajoutés la drogue du viol, le GHB, et la kétamine.
La violence et le contrôle sont devenus tels que Wilson exigeait de sa conjointe qu'elle filme et participe à ses plans sexuels scabreux.
Le plan était fort simple. L'homme attirait des « amies » chez lui, après les avoir rencontrées dans des bars et endroits branchés de la ville. Il les invitait à « aller chez lui pour prendre un verre », puis mettait de la drogue dans les consommations des femmes, ou la dissimulait dans ce qu'il disait être « que de la cocaïne ».
Heidi, forcée d'accepter la situation, devait filmer son conjoint avec ses proies déshabillées, ou prendre part aux scènes. Le juge qualifie certaines victimes d'inertes « comme des poupées de chiffon ».
Lors du « réveil » des victimes, Heidi devait rassurer les victimes en leur disant de ne pas s'inquiéter et que rien de grave ne s'était produit.
Heidi a été victime d'une relation conjugale sauvage. Quand il voulait la punir, l'homme de plus de 200 livres la battait à coups de pieds, la poussait sur le mur assez fort pour que les voisins sentent trembler les murs, ou la laissait sur le balcon, en plein hiver.
Enceinte, Heidi a perdu son bébé après un passage à tabac qui l'a envoyée à l'hôpital pendant dix jours.
Une défense peu crédible
Pour sa défense, Wilson a dit que les relations étaient consentantes et que les femmes prenaient la drogue de leur propre chef.
Le juge n'a pas cru sa version. « Il savait très bien doser les quantités » pour obtenir ce qu'il voulait, lit-on dans la décision de 60 pages.
Le juge a rappelé qu'une victime avait bu un liquide douteux, et que le suspect lui avait dit qu'il s'agissait d'alcool. La victime s'est réveillée le lendemain sans aucun souvenir tangible. Certaines victimes ont appris qu'elles avaient été agressées en voyant les images d'elles, inertes et sans défense, à côté d'un homme souriant et nu.
Les 13 femmes et la conjointe ont toutes convaincu le magistrat. Il a déclaré l'homme coupable sur la grande majorité des 45 chefs d'agression sexuelle, de trafic de drogue, de voie de fait et d'administration de drogue sans consentement, jeudi, au palais de justice d'Ottawa.