Le policier Carl Keenan

Le policier accusé de voie de fait donne sa version

Une tout autre version que celle de la victime alléguée a été donnée par un policier d’Ottawa accusé d’avoir poussé et fait perdre conscience à son ex-conjointe lors d’un séjour de ski dans le parc de la Gatineau, à l’hiver 2017.

Il y a trois semaines, la victime alléguée a témoigné du climat toxique qui régnait dans la yourte louée avec son ex, un policier d’Ottawa. La Couronne a fait témoigner la femme et présenté une vidéo captée par cette dernière dans la nuit où la chicane a éclaté, le 14 décembre 2017.

Dans cette vidéo, on entend le policier Carl Keenan vociférer et insulter la femme.

À LIRE AUSSI : Un policier d'Ottawa violent capté sur vidéo

Malgré l’image obscure, on entend l’accusé multiplier les insultes.

Émotive lors de son témoignage, la victime alléguée a dit qu’elle avait été poussée, et qu’elle s’était assommée sur le lit en tombant. Sur la même vidéo, on entend ensuite M. Keenan crier « Réveille-toi », et multiplier les insultes, auprès de la dame inerte.

Alcool

Selon la femme, le policier était agressif et intoxiqué par l’alcool.

Mais selon le policier, l’histoire décrite par la plaignante est plutôt déformée par la consommation d’alcool de celle-ci.

Vendredi dernier, Carl Keenan a témoigné pour sa défense.

La chicane a débuté sur une piste de ski de fond. M. Keenan a décidé de rebrousser chemin, alors que la dame a poursuivi sa route, pour revenir à la yourte en fin d’après-midi.

Le policier s’est dit d’accord avec la juge Anouk Desaulniers, affirmant que son témoignage était truffé d’expressions vulgaires.

« On avait un 26 onces de whiskey et il ne restait que trois onces dans la bouteille, a dit l’accusé. Je lui ai demandé si elle avait bu tout ça et elle m’a répondu "yep". Je lui ai enlevé la bouteille en disant qu’elle en avait eu assez. Elle passait son temps à me donner de petits coups. Puis, quand elle a voulu se rendre dans un autre chalet (occupé par des inconnus), elle avait de la difficulté à mettre ses raquettes. Je suis allé la rejoindre au chalet et elle avait de la misère à se tenir debout. J’étais tanné de cette mer..., je voulais m’en aller. »

Le policier dit avoir encaissé un coup de poing à la mâchoire.

« Je voulais qu’elle se taise. Puis, quand elle a tenté de me frapper encore, j’ai monté ma paume de main et je l’ai poussée pour me protéger. Elle a fait deux ou trois pas derrière, a pris une pause et s’est jetée sur le lit. Je l’ai vue s’arrêter et se jeter sur le lit. À ce moment, elle ne répondait plus. Je devais la réveiller, et pour cela, je criais et lui donnais des tapes au visage pour qu’elle se réveille. Je criais "au feu !" pour la réveiller, je pesais sur son sternum (un endroit sensible) pour qu’elle se réveille. Bien sûr, je n’étais pas content. »

Le procès se poursuivra cet automne avec le contre-interrogatoire de l’accusé.