Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur

Le PLQ aurait offert un comté à Yves Francoeur en début d'année

L'organisateur en chef du Parti libéral du Québec, Sylvain Langis, nie vigoureusement que des libéraux aient offert cet hiver la circonscription de l'ex-ministre des Transports, Robert Poëti, au président de la Fraternité des policiers de la Ville de Montréal, Yves Francoeur.
Ce dernier a pourtant confirmé qu'il a été approché par le PLQ dans un gazouillis, mardi. Il a ajouté avoir «sur le champ, de façon forte et sans équivoque rejeté l'offre du PLQ».
Les libéraux auraient approché M. Francoeur en début d'année pour voir s'il était intéressé à faire le saut en politique et porter les couleurs du Parti libéral dans la circonscription montréalaise de Marguerite-Bourgeoys, selon Radio-Canada.
Vendredi, le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, avait affirmé à l'animateur Benoît Dutrizac, sur les ondes du 98,5FM, subir des pressions de la part de l'establishment du parti pour qu'il prenne sa retraite. Il avait ajouté que plusieurs élus libéraux étaient en train de subir de telles pressions. On aurait même déjà offert les circonscriptions tenues par certains de ses collègues à d'autres personnes, avait-il dénoncé.
M. Francoeur a déclaré la semaine dernière sur les ondes de la même radio que des enquêtes criminelles concernant deux députés libéraux auraient été bloquées.
Mardi, la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Annick Murphy, a demandé à la sous-ministre de la Sécurité publique la tenue d'une enquête policière de nature criminelle pour faire la lumière sur les allégations faites par M. Francoeur.
Celui-ci a allégué avoir été informé qu'un dossier d'enquête de fraude et de trafic d'influence impliquant des élus libéraux aurait conduit au dépôt d'accusations, n'eût été le fait que ce dossier concernait des élus libéraux, dont un qui siégerait encore à l'Assemblée nationale.
Yves Francoeur a alors précisé que l'enquête policière avait comporté de la filature et de l'écoute électronique. Il n'a toutefois révélé aucune identité.
Selon Mme Murphy, Yves Francoeur laissait ainsi entendre qu'un procureur aux poursuites criminelle et pénale était prêt à déposer des accusations, mais que cette décision aurait été en quelque sorte bloquée à un plus haut niveau.
Malgré la gravité des allégations, Mme Murphy observe que plus de cinq jours se sont écoulés sans que M. Francoeur ait communiqué avec le DPCP ou ait rencontré des représentants de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).
Le DPCP justifie la demande d'enquête policière après avoir fait toutes les vérifications possibles avec le peu d'information dont il dispose.
Lundi, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a reproché au président du syndicat des policiers d'avoir fait mal au DPCP par son silence après avoir lancé ses allégations éclaboussant des élus libéraux. Elle a aussi soulevé des doutes sur les intentions réelles de M. Francoeur.