La sentence de Jacques Roger Lesage a été dévoilée vendredi matin.

Le «père grand-père» écope de 15 ans de prison

Une page importante de l'histoire judiciaire de l'Outaouais a été écrite, vendredi. Le difficile procès du « père grand-père » de Val-des-Monts, Jacques Roger Lesage, a pris fin avec une sentence qui marque aussi la jurisprudence en matière d'inceste. L'homme de 79 ans a été condamné à une peine si forte que le juge a dû la diminuer pour respecter la logique du Code criminel et des condamnations en semblable matière.
Le juge Michel Pennou, de la Cour supérieure, lui a imposé une sentence de 19 ans de pénitencier. Mais, comme le veut le principe de « l'harmonisation des peines », il a réduit la peine « réelle » à purger à 15 ans.
En incluant son temps de détention préventive depuis son arrestation en 2014, il lui reste 11 ans et huit mois à purger derrière les barreaux.
Cette affaire du « père grand-père » est l'une des pires à avoir été entendue ces dernières années, en Outaouais. Elle semble aussi être l'une des pires histoires à avoir fait l'objet d'un procès en matière d'inceste et d'agression sexuelle, au pays.
Autant la procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, que l'avocat de la défense, Me Jacky-Éric Salvant, affirment que cette sentence est l'une des plus dures rendues au Canada.
« Dans nos recherches sur la jurisprudence, il y a déjà eu une sentence de 16 ans dans l'Ouest canadien, et une de 15 ans au Québec », a déclaré Me Salvant.
Jacques Roger Lesage a été reconnu coupable, par un jury, d'avoir agressé deux de ses filles, et engendré trois enfants avec l'une d'elles, entre les années 1970 et 2004.
La Couronne s'est dite satisfaite, alors que la défense a qualifié la sentence de « sévère ».
L'accusé, de glace pendant le procès, aurait fait part de sa vive colère, de retour dans son bloc cellulaire, vendredi.
Le juge Pennou a parlé « d'épisodes plus scabreux les uns que les autres ». Il a également indiqué qu'il voyait très peu de facteurs atténuants pour l'accusé.
Le magistrat a retenu l'âge des victimes au moment des faits (les victimes étaient des fillettes lorsque leur père les a forcées à avoir des relations complètes), la fréquence des agressions (parfois, tous les jours, même quand sa fille Lucie était enceinte de lui), et la manipulation psychologique exercée par une figure d'autorité.
L'âge avancé de Jacques Roger Lesage, 79 ans, n'a pas été un facteur dans la décision du juge, car l'homme avait agi dans la force de l'âge.
Sa fille Nathalie a lancé « bonnes vacances ! » à son père, lorsqu'il s'est levé à la fin de l'audience.