Le Complexe Héritage a été inauguré le 22 mai dernier.

Le nouveau centre pour jeunes déborde déjà

Un adolescent a été contraint de passer la nuit de lundi à mardi sur un matelas déposé à même le sol d’une salle commune en raison d’un manque de places dans le nouveau centre de réadaptation du chemin Freeman, inauguré il y a moins d’un mois.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a indiqué que deux jeunes hébergés dans le nouveau complexe du 155 chemin Freeman, dans le secteur Hull, se sont retrouvés en surplus lundi soir.

L’un de ces deux adolescents a finalement pu obtenir le lit d’un autre jeune ayant fugué du centre. L’autre adolescent en surplus a pour sa part passé la nuit « par terre sur un matelas dans un espace commun », dénonce la répondante politique de l’APTS en Outaouais, Andrée Poirier.

La directrice adjointe aux programmes jeunesse du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Martine Bilodeau, a précisé que le jeune en question a dormi « sur un matelas dans le salon privilège ». 

« Ce n’est peut-être pas la situation idéale », a-t-elle reconnu en soulignant que c’était quand même « acceptable », dans la mesure où l’adolescent était dans « un milieu sécuritaire » et supervisé.

À l’APTS, Andrée Poirier affirme que cette situation découle de la baisse du nombre de places dans le nouveau centre, qui se veut un agrandissement du Complexe Héritage. 

« On a fermé trois résidences sur Notre-Dame, où il y avait au total 36 places au permis, pour passer à 28 lits sur Freeman, souligne-t-elle. Et sur les 28, on en a seulement 24 actuellement, parce qu’il y a quatre places occupées par des jeunes du Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ). »

Le syndicat se questionne donc sur la pertinence d’avoir fermé les résidences désuètes de la rue Notre-Dame alors que le CHPJ n’est pas encore rouvert, d’autant plus que le nombre total de lits a diminué avec le transfert dans le nouveau complexe.

« À peine deux semaines après la fermeture des trois résidences de réadaptation et l’ouverture de la nouvelle unité, il manque de lits, déplore Mme Poirier. Il est inconcevable que des jeunes, dont la vie est déjà difficile, doivent dormir par terre, dans des conditions s’apparentant à du camping involontaire, dans un centre de réadaptation. »

La réintégration des adolescents dans le pavillon jeunesse du CHPJ — qui héberge une clientèle adulte depuis le dégât d’eau de février 2017 — est prévue pour la fin du mois d’août, a fait savoir Martine Bilodeau. Il n’est donc pas impossible que la situation vécue dans la nuit de lundi à mardi se reproduise d’ici là, admet la gestionnaire du CISSSO. 

L’organisation évalue donc la possibilité d’aménager les lieux de manière différente afin de pouvoir répondre à un éventuel nouveau surplus d’ici le départ des  jeunes du CHPJ.

En ce qui concerne la diminution globale du nombre de places, Mme Bilodeau note que  même si les anciennes résidences de la rue Notre-Dame comptaient au total 36 lits, seulement 27 étaient en moyenne utilisés. 

Le CISSSO estime donc que les 28 places aménagées avec l’agrandissement du Complexe Héritage, en combinaison avec les services offerts dans la communauté, sauront répondre aux besoins.

L’inauguration du nouveau centre avait eu lieu en mai, en présence de la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois.

Il avait notamment été souligné lors de cet événement que le nouveau complexe offrirait davantage d’intimité aux jeunes hébergés grâce aux chambres privées, ce qui n’était pas le cas dans les résidences de la rue Notre-Dame.