Dans l’établissement de la sentence dans l’affaire du meurtre de Bret James Jerome, le « facteur autochtone » a été pris en compte par le juge.

Le juge tient compte de la réalité autochtone

Le « facteur autochtone » a été pris en compte dans la décision d’un juge de la Cour supérieure, dans une sentence de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans, pour un jeune homme qui a tué un de ses pairs, à Maniwaki, le 5 juin 2016.

Le 26 octobre dernier, le jury a rendu un verdict de culpabilité de meurtre non prémédité dans le cadre du procès d’Amik McConini Mitchell, 25 ans.

Le jeune autochtone, originaire de Lac-Rapide, a tué par balle un fêtard qu’il ne connaissait pas, Bret James Jerome, 18 ans, lors d’une fête dans un appartement de la rue Cartier.

Cette fête bien arrosée, où de la drogue était aussi consommée, réunissait plusieurs jeunes Algonquins Anishinabeg.

M. McConini, Algonquin-Mohawk, s’était invité à cette soirée.

L’accusé et d’autres jeunes n’étaient pas les bienvenus à cet endroit. Leur comportement agressif, influencé par la drogue et l’alcool, dérangeait les autres fêtards.

Amik McConini Mitchell a quitté l’endroit, avec d’autres, pour s’emparer d’une carabine.

Il est revenu sur la rue Cartier, « dans un instant de rage et intoxiqué ».

Il a abattu le jeune Jerome, qui tentait de l’amadouer.

À la fin du procès, la famille endeuillée a dit pardonner à l’accusé et à sa famille. D’émouvantes accolades sont survenues à l’extérieur de la salle d’audience.

Décision

La Couronne demandait une période d’éligibilité à une demande de libération conditionnelle 13 ans après son arrestation, et la défense, après 10 ans, soit le minimum prévu pour un chef de meurtre non prémédité.

Le juge Daniel W. Payette, de la Cour supérieure, a penché en faveur de la défense, mais aussi du même côté d’une majorité des membres du jury (11 sur 12), qui avait proposé un minimum de 10 ans.

« Héritage autochtone »

« Un période d’éligibilité après 10 ans est appropriée, particulièrement parce qu’elle prend en considération l’héritage autochtone de M. McConini Mitchell et les facteurs systématiques uniques qui affligent la communauté où il est né et a été élevé, et que cela a joué un rôle dans son crime, écrit le juge Payette. (La décision) prend en considération que les contrevenants autochtones sont plus affectés négativement par l’incarcération, et sont moins enclins à se réhabiliter à cause de ces facteurs, nonobstant les efforts significatifs des services correctionnels pour s’harmoniser davantage aux réalités et aux besoins des autochtones. Finalement, cela rejoint aussi l’importance d’une justice réparatrice dans les communautés autochtones. »

Le juge a pris en considération la jeunesse difficile de l’accusé, d’abord victime des railleries de ses semblables, dans sa jeunesse. Son accoutumance aux drogues et à l’alcool a pris une tangente maladive.

Résident de Cornwall au moment du drame, Amik McConini, père de deux jeunes enfants, se rendait à Maniwaki pour régler des affaires familiales.

Dépressif et accroché aux stupéfiants, il n’avait pas le cœur à la fête, mais bien au suicide.

Le meurtrier s’est excusé, en larmes, auprès de la famille éplorée et de la sienne, lors de son témoignage.