Le Gatinois Denis Normand.

Le faux proprio veut retirer son plaidoyer de culpabilité

« L'effondrement psychologique » aurait conduit un homme accusé de fraude à plaider coupable contre son gré. C'est ce que suggère le principal intéressé, Denis Normand, qui a déjà fait parler de lui pour avoir empoché l'argent d'un loyer qui n'était pas sa propriété et causé des maux de tête à plusieurs propriétaires légitimes.
Vendredi, à Gatineau, M. Normand a voulu retirer son plaidoyer de culpabilité, enregistré plus tôt cette année.
Devant la juge Rosemarie Millar, il a d'abord dit que son ancienne avocate, Mélina Cham, l'avait mal servi. Plus tard, l'avocate a témoigné et raconté que son ancien client avait multiplié les appels, textos et longues rencontres. Selon elle, il était clair que l'homme devait savoir à quoi s'en tenir.
M. Normand, qui se représente seul, a expliqué que la « trentaine » (qui deviendra plus tard la « quarantaine ») de reportages le concernant, ainsi qu'un courriel de la Couronne, l'avait affecté au point de l'empêcher de fournir un plaidoyer de façon éclairée.
Une « certaine » expérience
Le procureur de la Couronne, Me Pierre Desrosiers, a énuméré les nombreux antécédents judiciaires de M. Normand, qui remonte aux années 90. « Finalement, a dit le procureur, vous avez une certaine expérience avec les tribunaux. Vous connaissez le système plus que la moyenne des gens. »
Me Desrosiers a lu deux longs messages que le plaideur a écrit sur Facebook, dans lesquels il dit entre autres être « en paix », deux jours après avoir plaidé coupable.
M. Normand est accusé de fraude pour avoir déclaré, sur un bail, des informations qui pouvaient faire croire qu'il avait de bons revenus. Or, M. Normand est sans emploi, et possède une longue feuille de route à la Régie du logement pour des loyers impayés.
M. Normand dit avoir reçu un courriel « menaçant » de la part de la Couronne, ce qui a aussi contribué à son effondrement psychologique.
La juge Millar a pris l'affaire en délibéré. Avant de suspendre la séance, la magistrate a fait remarquer à M. Normand que son « effondrement psychologique ne correspondait pas du tout à son état d'esprit » apparent, dans ses messages Facebook.