C’est dans cette clinique de services de santé de l’Université d’Ottawa, sur la rue Rideau, que les faits allégués auraient eu lieu.

Le Dr Nadon aurait jeté une preuve

Sentant la soupe chaude, Vincent Nadon aurait largué un disque dur dans un conteneur d’une épicerie de Chelsea, en Outaouais, avant d’être arrêté pour voyeurisme et agression sexuelle impliquant plus de 50 victimes alléguées, à Ottawa.

C’est ce qu’on peut lire dans la demande de mandat d’arrestation du Dr Nadon, présentée à un juge de paix le 18 janvier dernier, au palais de justice d’Ottawa.

Le médecin est aujourd’hui accusé de 94 chefs de voyeurisme et d’agression sexuelle touchant 51 victimes depuis 1995.

Les allégations envers Vincent Nadon n’ont pas encore été prouvées en cour.

La plainte d’une première femme, et la médiatisation du dépôt d’un premier chef d’accusation, en janvier, ont attiré l’attention de 50 autres patientes du même médecin.

Tout a commencé le 16 janvier, lorsque la jeune femme s’est rendue à la Clinique de services de santé de l’Université d’Ottawa, sur la rue Rideau, pour un test médical.

Selon la demande de mandat signée par un enquêteur de la police d’Ottawa, la jeune femme devait se dévêtir, seule, et ensuite se recouvrir d’un drap afin que le médecin puisse effectuer un test Pap.

La femme a aperçu un iPhone, dans un boîtier rose, dans la salle d’examen. Elle n’a pas songé, à cet instant, qu’elle était filmée.

L’appareil était dissimulé à travers des feuilles, mais la caméra avait le champ libre.

Le médecin est sorti, une fois les examens complétés, pour la laisser se rhabiller dans l’intimité.

un choc
La femme, seule, s’est dirigée vers le cellulaire, en mode vidéo.

En visionnant le contenu, « elle s’est vue complètement nue, alors qu’elle se déshabillait, ou qu’elle se rhabillait », lit-on dans la demande de mandat.

La victime est sortie, en pleurs, et s’est adressée à la réceptionniste.

Toujours selon les allégations de la police d’Ottawa, le Dr Nadon est venu à elle « pour demander s’il y avait un problème ». La patiente l’a confronté, « et (Nadon) a nié son existence (de la vidéo) ».

La femme a tendu le téléphone au docteur, en l’exhortant à l’ouvrir.

Seulement quelques secondes de visionnement ont suffi pour que M. Nadon réponde qu’il avait filmé la scène à des fins de formation. « Dr Nadon s’est excusé et a montré à (la patiente) qu’il avait supprimé la vidéo ».

La patiente s’est adressée aux supérieurs du médecin. L’infirmière en chef s’est excusée et lui a demandé d’écrire une déclaration.

La femme a ensuite porté plainte à la police.

« Elle s’est sentie violée et horrifiée d’avoir fait confiance à cette personne, qui avait fait une chose aussi horrible », rapporte un enquêteur du Service de police d’Ottawa.

La police a suivi l’accusé en Outaouais, dans les environs de Chelsea, son lieu de résidence.

Un sergent de la police d’Ottawa confirme, dans le même document, ce qui a précédé l’arrestation de l’homme de 57 ans, dans le stationnement du marché IGA de Chelsea, le 18 janvier.

« Dr Nadon a été observé en train de déposer des sacs à déchets dans un conteneur, vers 11 h », mentionne le sergent.

Le suspect a été arrêté quelques minutes plus tard. Son cellulaire au boîtier rose a été saisi. »

« Un des sacs à déchets contenait un disque dur très endommagé, des reçus, des papiers marqués de dates, et d’autres objets marginaux. »

Selon l’expérience d’un policier au dossier, « il est raisonnable de croire que le Dr Nadon enregistrait plusieurs victimes s’attendant à de l’intimité, et qu’il conservait (le matériel) pour le visionner plus tard. »

« Ce n’est pas déraisonnable de croire qu’il s’agit de sa première infraction », écrit la police d’Ottawa.

Le reste fait partie de l’histoire déjà connue.

La police d’Ottawa a accusé Vincent Nadon pour l’incident du 16 janvier, ayant pour seule victime alléguée la femme l’ayant confronté.

Les autorités ont confirmé l’arrestation du suspect, par voie de communiqué, et des dizaines d’autres femmes ont levé la main en disant qu’elles aussi avaient été victimes de comportements douteux — voire criminels — du médecin.

Une ordonnance de non-publication empêche la divulgation de tout renseignement qui permettrait d’identifier les présumées victimes ou témoins,

Le médecin voulait « faire de la formation »

Le Dr Vincent Nadon voulait se préparer à «faire de la formation» en filmant une femme nue qui attendait de passer un test Pap.

C’est, du moins, la version rapportée dans le mandat d’arrestation de la police d’Ottawa, concernant le dossier de voyeurisme et d’agression sexuelle impliquant le docteur, dont la pratique était établie à la Clinique Rideau, à Ottawa, jusqu’en janvier dernier.

«Il parlait vite. Il disait avoir vu une patiente, a affirmé une collègue à la police d’Ottawa. Il a dit : ‘j’ai fait une erreur. Je suis à la fin de ma carrière. Je songe à enseigner, j’ai commencé à faire certains enregistrements. Je ne voulais qu’enregistrer l’audio (avec un cellulaire), mais (l’appareil) a aussi enregistré la vidéo’. Il a dit : ‘mon erreur est que je ne lui ai pas demandé la permission (d’enregistrer)... Je me suis excusé auprès d’elle et j’ai supprimé la vidéo (...) La patiente est bouleversée. Que dois-je faire ?»