Le 27 octobre, les policiers de Gatineau ont découvert le corps de Marie-Josée Guénette dans un sac de déchets, placé dans un conteneur.

Lavée, puis jetée aux poubelles

Après avoir étranglé sa colocataire, Alain Blais a nettoyé sa victime, puis s'est endormi à côté d'elle, pour lui éviter d'être seule. La juge de la Cour supérieure Catherine Mandeville a accepté la proposition commune de la Couronne de la défense, en imposant une peine de 12 ans de pénitencier pour un chef réduit d'homicide involontaire.
Le dossier d'Alain Blais, 65 ans, s'est réglé vendredi au palais de justice de Gatineau. Accusé de meurtre non prémédité de Marie-Josée Guénette, âgée de 41 ans, en octobre 2013, le tueur a plaidé coupable à une accusation d'homicide involontaire.
Les faits « s'apparentent plus au meurtre », a commenté la juge Mandeville, en entérinant la proposition des deux parties.
La mère de la victime, Sylvie Guénette, a pointé du doigt Alain Blais, qui après avoir enlevé la vie de son « rayon de soleil », « a marchandé la mort de sa fille pour une réduction de peine ».
Les faits sordides remontent au 17 ou au 18 octobre 2013. Les deux « colocs » se sont chicanés dans l'appartement dont ils venaient de prendre possession, dans le cadre d'un programme d'aide aux mal-logés du Gîte ami de Gatineau. La chicane s'est transformée en bagarre à sens unique, et la victime est morte étouffée par les mains du tueur.
Alain Blais a ensuite nettoyé Mme Guénette à la débarbouillette, avant de passer quelques jours avec le cadavre.
« Par la suite, résume la procureure de la Couronne, Me Isabelle Bouchard, il a amené le cadavre dans son propre lit "pour qu'elle ne soit pas toute seule". »
Alain Blais aurait eu des épisodes de blackout, buvant beaucoup de café, dormant aux côtés du cadavre de Mme Guénette.
Deux jours plus tard, il a mis le corps dans un sac de poubelles, et s'est débarrassé de sa victime dans le conteneur à recyclage situé à l'extérieur de l'édifice à logements du 49, rue Montpetit, dans le secteur Hull.
Aveux
Les deux personnes se sont rencontrées très peu de temps avant le crime, à l'été 2013. Ils sont devenus colocataires en août 2013, sous la supervision d'une intervenante sociale du Gîte Ami.
Le 25 octobre, la même intervenante a reçu un appel de Blais, lui demandant de venir le rejoindre à Ottawa, car il avait « quelque chose de très important à lui dire ».
Perdu, confus, et sentant l'alcool, Alain Blais a dit avoir commis « l'irréparable » à l'endroit de Marie-Josée Guénette. Il aurait voulu se suicider trois fois après les faits.
L'intervenante lui a demandé : « L'as-tu tuée ? »
« Oui », a répondu Blais, en pleurs, avant de préciser que cela s'était produit « il y a 8 jours », autour du 17 ou du 18 octobre 2013.
Le 27 octobre, les policiers de Gatineau ont découvert le corps de Mme Guénette  dans un sac de déchets, placé dans un conteneur.
Il semble que Mme Guénette ait dit à Blais, le jour de la chicane, qu'elle voulait qu'il quitte l'appartement. 
Paniqué, Blais a empoigné la femme par la gorge, l'étouffant de ses mains jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle.
Des échantillons d'ADN ont été prélevés sur le cou de la victime.