Sofiane Ghazi

L’aide juridique n’assistera pas Sofiane Ghazi, qui a agressé sa femme enceinte

MONTRÉAL - Le Montréalais qui souhaite revenir sur sa reconnaissance de culpabilité pour le meurtre de son enfant à naître et l’agression armée de sa femme enceinte ne sera pas assisté dans cette démarche par l’aide juridique.

D’abord accusé de meurtre au premier degré et de tentative de meurtre, Sofiane Ghazi avait soudainement plaidé coupable le 5 septembre - au deuxième jour de son procès devant jury - à des accusations réduites de meurtre au deuxième degré du bébé et de voies de fait graves contre sa femme, à la suite de l’agression à la fourchette à viande de sa femme enceinte, le 24 juillet 2017.

Le meurtre au premier degré est assorti d’une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, alors que cette période est de 10 ans pour le meurtre au deuxième degré.

Or, lorsqu’il est arrivé aux audiences pour observations sur la peine, moins de deux semaines plus tard, M. Ghazi a subitement renvoyé ses avocats et annoncé au tribunal qu’il voulait retirer sa reconnaissance de culpabilité.

Sandra Tremblay, avocate de l’aide juridique mandatée par la cour pour examiner cette requête, a déclaré jeudi qu’après avoir étudié le dossier et évalué la jurisprudence, son bureau avait déterminé que la demande de retrait de plaidoyer n’était pas justifiée dans ce cas-ci.

«J’ai discuté à plusieurs reprises avec mon client, j’ai évalué la jurisprudence, j’ai fait affaire avec le service de recherche de notre bureau, et j’ai évalué qu’il n’y avait pas de vraisemblance de droit justifiant la présentation d’une requête en retrait de plaidoyer», a expliqué Me Tremblay à sa sortie de la salle d’audience.

Le fardeau pour demander un retrait de plaidoyer, c’est la «prépondérance de preuves, et j’ai évalué qu’il n’y avait pas prépondérance de preuves», a-t-elle dit, sans dévoiler les arguments de M. Ghazi, qui souhaiterait toujours présenter une telle requête. Il dispose encore de quelques semaines pour trouver un avocat, mais l’aide juridique a déterminé qu’elle ne couvrirait pas ses frais. «Il pourra toujours contester ma décision, il y a une procédure», mais l’aide juridique ne poursuivra pas dans cette voie, a précisé l’avocate.

Dans un exposé conjoint des faits, avant le procès, M. Ghazi a admis qu’il avait poignardé sa femme 19 fois avec une fourchette à viande - 12 fois du côté gauche du ventre et sept fois au haut de la cuisse. La femme a survécu à l’agression, mais l’enfant, né par une césarienne pratiquée d’urgence plus tard à l’hôpital, a vécu pendant plusieurs minutes avant de succomber à ses blessures. Neuf de ces blessures observées après sa naissance avaient été infligées dans l’utérus.

Le juge Jean-François Buffoni, de la Cour supérieure, a accordé à M. Ghazi une dernière chance de se trouver un avocat. La cause reviendra devant le tribunal dans trois semaines, le 14 novembre.