Le Gaspésien Wilbert Coffin a été pendu à la prison de Bordeaux en 1956 pour le meurtre de trois chasseurs américains.

L’affaire Coffin sous la loupe

L’affaire Coffin, l’un des cas judiciaires les plus célèbres au pays, continue de faire jaser même si presque 66 ans se sont écoulés depuis ses débuts. L’histoire est revenue à l’avant-scène mercredi en marge d’une conférence de l’organisme Innocence Canada entre les murs de l’Université d’Ottawa.

L’avocate torontoise Elisabeth Widner, qui travaille sur cette affaire depuis plusieurs années, était de passage dans la capitale fédérale pour s’adresser à une trentaine d’étudiants en criminologie à l’occasion de l’événement intitulé Condamnation injustifiée : perspectives sur la peine de mort. 

L’histoire qui a fait couler énormément d’encre remonte à février 1956 au Québec, alors que le Gaspésien Wilbert Coffin était pendu à la prison de Bordeaux pour le meurtre de trois chasseurs américains trois ans plus tôt. Au fil des ans, il y a eu plusieurs rebondissements dans cette affaire, plusieurs personnes se disant convaincues de l’innocence de l’homme condamné à la peine capitale, qui a été abolie il y a 43 ans au Canada. 

Par exemple, en 2006, un dossier publié par le quotidien The Montreal Gazette avait identifié Philippe Cabot, un homme de Gaspé, comme un homme s’étant vanté des meurtres auprès de membres de sa famille. Son fils, Gabriel Cabot, âgé de neuf ans en 1953 et aujourd’hui décédé, aurait assisté aux meurtres. 

« On aimerait toujours résoudre le cas ou bien trouver une conclusion satisfaisante pour la famille. [...] Le cas a été résolu dans le sens où il y a eu tous les appels et que la Cour suprême a dit que c’était une bonne condamnation, mais il n’y a jamais eu de résolution dans le sens où moi je le vois, c’est-à-dire d’examiner le cas dès le début et vraiment d’établir des preuves de son innocence. C’est notre but après tout. Je ne sais pas si on pourra en arriver là, car c’est si vieux, il n’y a plus de témoins en vie et il n’y a que tous les documents maintenant. [...] Il y a eu beaucoup de rumeurs avec ce cas-là. Ici et là, entre autres dans les médias, des gens ont été ciblés comme étant peut-être ceux qui sont responsables, mais on n’a jamais pu le prouver non plus. C’est ça le problème. Peut-être qu’on va y arriver », s’est exclamée Me Widner. 

Depuis 1993, Innocence Canada affirme avoir aidé à exonérer 24 personnes innocentes. Au total, dit-on, celles-ci ont passé plus de 190 ans derrière les barreaux pour des crimes qu’elles n’ont pas commis. Le mandat de l’organisme consiste à identifier, défendre et exonérer les personnes condamnées et à prévenir les condamnations injustifiées grâce à l’éducation et à la réforme juridiques. L’équipe d’avocats pro bono d’Innocence Canada examine actuellement environ 80 demandes d’innocence.