L'abuseur qui voulait devenir conseiller

Un résident de Denholm qui voulait être élu conseiller municipal, jusqu’à ce que son dossier soit médiatisé, la semaine dernière, a été reconnu coupable de nombreux chefs d’agression sexuelle sur des mineurs, mardi.

Les agressions remontent aux années 1970 à 1990, selon la preuve du ministère public.

Jean Durand, 63 ans, a nié les faits lors de son procès, a rappelé le juge Paul Chevalier, de la Cour du Québec. Le magistrat l’a toutefois reconnu coupable de neuf des 18 chefs qui pesaient contre lui.

Les victimes, qu’on ne peut identifier en raison d’une ordonnance de non-publication, ont parlé après plusieurs années de silence.

La semaine dernière, le 104,7 Outaouais révélait que Jean Durand, alors candidat à un poste de conseiller municipal de Denholm, était en instance de procès.

En entrevue téléphonique, il avait d’abord nié avoir un dossier devant la justice criminelle, avant de rappeler qu’il était présumé innocent.

Sa conjointe a mis un terme à l’entrevue, après que M. Durand eut avoué l’existence de telles accusations.

Le juge Chevalier a rappelé que lors du procès, M. Durand a nié en bloc les allégations des victimes, qui étaient toutes mineures au moment des agressions.

Une première victime avait cinq ou six ans, lors de la première agression. L’accusé, qui voulait « voir si son corps se développait bien », a fait des attouchements aux parties.

Cette victime, comme les trois autres jeunes, a dû le masturber, ou se laisser masturber, à des dizaines de reprises.

L’une d’elles, qui a raconté son calvaire avec émotion, a dû sortir de la salle de cour, le jour de son témoignage, après avoir dit qu’elle avait été sodomisée.

Une autre victime a dit avoir été forcée de pratiquer des gestes de nature sexuelle avec une autre mineure, pendant que Jean Durand se masturbait devant elles.

Une autre victime a raconté que l’homme l’agressait en lui disant que c’étaient « des procédures normales pour la préparer à sa vie de femme adulte ».

Selon le ministère public, M. Durand a offert son « aide » à un garçon pour le masturber. Les gestes sont ensuite devenus de plus en plus intrusifs.

Jean Durand a juré ne jamais avoir touché aux plaignants. Lors de son témoignage, il a ajouté qu’une précédente opération pour un anévrisme lui causait des problèmes de mémoire.

Le juge a retenu une grande partie des versions des victimes, malgré certaines contradictions. Le magistrat a cité une décision de la Cour suprême indiquant que ce n’était pas parce qu’un enfant ne pouvait décrire avec exactitude un lieu où s’était produit un événement qu’il se méprenait sur ce qui s’était produit, et sur l’auteur des gestes reprochés.

La sentence sera rendue dans les prochaines semaines.