Le policier Pierre Benoit s'est enlevé la vie la semaine dernière.

« La SQ a tout fait pour l'aider »

Le meilleur ami du policier de la Sûreté du Québec (SQ) en Outaouais qui s'est enlevé la vie, la semaine dernière, considère que son employeur et ses collègues ont tout fait pour lui venir en aide.
Michel Larabie, un homme d'affaires de Gatineau, a grandi avec le policier Pierre Benoit. Avec l'accord de la famille, l'ami - et cousin - de M. Benoit a décidé de lever le voile sur son identité et d'aborder publiquement le triste événement.
« Premièrement, dit M. Larabie, Pierre adorait sa job. Je dirais même que son travail a allongé sa vie de 30 ans ! »
M. Larabie confie que son « grand chum » était bipolaire. « Il avait le mal de vivre. Sa mort n'est pas reliée à sa job. La SQ a tout fait pour l'aider. Ses collègues allaient le voir, ses 'boss' lui disaient toujours que l'aide était à sa portée. »
Tout comme la SQ, Michel Larabie demeure « préoccupé » par cette vague de suicides. En 2017 seulement, le corps policier a perdu sept des siens, un peu partout en province.
« Il ne faut pas avoir peur d'en parler (des difficultés personnelles). Pierre n'en parlait pas. Il était fier. Ça prenait des heures pour qu'il finisse par m'en parler », explique M. Larabie.
Mercredi, l'inspecteur Guy Lapointe, de la SQ, a rappelé que l'organisation prenait ces décès tragiques très au sérieux, tout comme les autres suicides survenus avant 2017. « Un suicide, c'est un suicide de trop. »
Un comité formé de membres de la SQ et d'intervenants en santé mentale a été formé, récemment, pour trouver des solutions et mettre un terme au phénomène.
Depuis quelque temps, Pierre Benoit occupait un poste moins stressant, rajoute son ami. À 53 ans, il commençait à parler de retraite.
« Que tu sois policier, dentiste, menuisier, policier, tout le monde a des faiblesses, mais ça ne fait pas de toi une personne 'faible' si tu vas chercher de l'aide. On est tous orgueilleux... »
Pierre « Bémol » Benoit, comme le surnommaient ses proches, « mangeait de la police ». L'ami du disparu sait qu'il devait parfois travailler de longues heures pour mener à bien des opérations parfois délicates.
En entrevue avec Le Droit, mardi, le directeur de la Maison la Vigile, Jacques-Denis Simard, a qualifié la situation de « crise ».
La Vigile accueille les travailleurs du monde de l'urgence et autres « porteurs d'uniformes » en crise ou en détresse psychologique.
Le nombre de suicides en 2017, au sein de la SQ, représente un triste sommet en la matière.