Une dame marchant à côté de son tricycle a été happée à mort, le 16 mars 2017.

La prison pour délit de fuite mortel

Le conducteur qui a happé mortellement une dame de 71 ans marchant à côté de son tricycle, sur la promenade du Lac-des-Fées, à Gatineau, le 16 mars 2017, écope d’une peine d’emprisonnement de neuf mois.

Michel Rainville-Delangie a plaidé coupable sur le chef de délit de fuite mortel, mardi, alors que la Couronne et la défense se sont entendues sur une telle peine à proposer au juge Richard Laflamme.

« La peine aurait-elle pu être plus élevée ? Peut-être », a commenté le juge Laflamme.

Il n’y a pas de peine minimum inscrite au Code criminel, en matière de délit de fuite mortel. La « fourchette » est assez large, puisque la peine maximale peut aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité, dans les cas les plus graves.

« Mais cette peine a été proposée de façon conjointe par deux procureurs d’expérience », a précisé le juge, estimant que l’entente entre les deux parties n’était pas déraisonnable.

Les éléments pris en compte par le procureur de la Couronne, Me François Santerre, et l’avocat de la défense, Me Gérard Larocque, ont contribué à imposer cette peine, qui peut sembler clémente.

Vêtue de noir, sur la chaussée

La victime, Guillian Zhanh, marchait à côté de son tricycle, sur la voie, par temps neigeux, la nuit tombée. La dame, vêtue de noir, utilisait son tricycle pour collecter les bouteilles vides et les revendre en consigne.

Le comportement imprudent de la piétonne a été considéré parmi les facteurs atténuants, a mentionné le magistrat, acceptant la proposition commune.

« C’était un soir de tempête, a raconté Me Larocque. La victime marchait sur la promenade, entre le boulevard Alexandre-Taché et la rue Gamelin. Le camion à pelle (que conduisait son client) a happé la femme. La neige rendait la visibilité difficile. Il a senti qu’il avait frappé quelqu’un, ou quelque chose. En fait, il y a eu beaucoup d’aveuglement volontaire de la part de mon client, qui n’est pas resté sur les lieux. »

Selon des témoins ayant parlé à la police de Gatineau après l’impact, il était effectivement difficile de voir la femme. Certains conducteurs qui suivaient la camionnette ont aussi dû donner « un coup de volant » à la dernière seconde pour éviter la victime, après l’impact.

D’autres auraient averti la dame de ne pas circuler de cette façon.

Les blessures de la dame étaient irréversibles. Elles auraient conduit à sa mort, malgré une aide immédiate, selon le ministère public.

« Probablement que le fait que l’accusé ne se soit pas arrêté n’a rien changé à la condition de la victime », a précisé le procureur de la Couronne.

Michel Rainville-Delangie conduisait sans permis. Selon son avocat, cela explique en partie la raison pour laquelle il ne s’est pas arrêté après l’impact.

Le juge a toutefois rappelé qu’il a fallu publier la photo de sa camionnette pour que le conducteur se rende aux autorités.

M. Rainville-Delangie a vu une période de probation et une interdiction de conduire de deux ans s’ajouter à son dossier.

Ni l’accusé ni la famille de la victime n’ont voulu s’adresser au tribunal.