Sylvain L’Espérance

La prison pour avoir visionné des images choquantes

Sylvain L’Espérance de La Patrie a été condamné à 18 mois de prison dans une affaire de pornographie juvénile.

L’individu de 29 ans était déjà détenu à la suite d’une autre affaire sexuelle commise en 2017.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec lui a infligé cette peine, lundi, au palais de justice de Sherbrooke à la suite d’une suggestion commune des avocates Me Julie Beauchemin en défense et de la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau.

« J’estime que la suggestion commune est raisonnable. Elle tient compte de la jurisprudence concernant la nature des fichiers retrouvés et de la longue période lors de laquelle vous avez visionné ces images. Vous avez grandi dans un milieu extrêmement difficile. C’est à vous d’aller chercher de l’aide pour ne pas vous trouver à nouveau devant les tribunaux », indique le juge Chapdelaine.

Un total de 336 images de pornographie juvénile avaient été trouvées dans son ordinateur à la suite de la perquisition réalisée par la Sûreté du Québec.

Il s’agit d’enfants âgés de trois mois à 10 ans. Les enfants sont victimes d’agressions sexuelles par des adultes.

« Il y a des agressions sexuelles complètes avec des bébés. L’âge des enfants, le risque de récidive et la durée des infractions doivent être retenus comme facteurs aggravants », souligne Me Crépeau.

Des dénonciations ont été faites par Google sur le comportement de L’Espérance. Il faisait des recherches reliées à la pornographie juvénile avec des mots clés qui y sont associés.

L’accusé restait dans une cabane sans électricité ni eau courante, mais il avait accès à un ordinateur, un téléphone et à Internet.

L’Espérance a collaboré avec les policiers après son arrestation, mais en mettant la faute sur des proches. Le rapport présentenciel souligne que L’Espérance aurait pu être victime de gestes à caractère sexuel durant son enfance.

« Le rapport conclut à un risque de récidive au-dessus de la moyenne parce qu’il ne comprend pas ce qui est mal dans ces gestes », signale Me Crépeau.

L’Espérance avait renoncé à son enquête sur remise en liberté dans cette affaire de possession de pornographie juvénile et d’accès à la pornographie juvénile.

Il est donc détenu depuis septembre 2017. Il a plaidé coupable aux accusations liées à la pornographie juvénile entre janvier 2016 et août 2017.

C’est l’équipe d’enquêtes sur l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet (ESEI) de la SQ qui avait procédé à son arrestation à La Patrie en septembre 2017.

« Mon client a une intelligence limite. Il a fait un cheminement important. Il a commencé à recevoir de l’aide. Il avait des problèmes de consommation. Il bénéficie maintenant d’un suivi familial. Il tente de se sortir de problèmes qui le suivent depuis le début de sa vie », explique l’avocate de la défense.

L’Espérance avait reçu une peine de détention en novembre 2017 pour avoir infligé une « punition sexuelle » à une connaissance. Il a fini de purger les deux tiers de sa peine de 15 mois pour cette agression sexuelle la semaine dernière. Il avait été reconnu coupable d’avoir obligé une connaissance à lui faire une fellation en lui tenant la tête jusqu’à la faire vomir.

Une probation de trois ans a été imposée dans la plus récente affaire. Des interdictions de consommation de drogue et d’alcool, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux et de se trouver dans des endroits où pourraient se trouver des personnes de moins de 16 ans. Le tribunal a imposé un traitement pour sa déviance sexuelle.

Le nom de Sylvain L’Espérance sera inscrit à perpétuité au registre des délinquants sexuels.