Les enquêteurs ont identifié 12 victimes et déterminé que plus de 30 femmes impliquées dans le commerce du sexe étaient liées à ce réseau de traite des femmes.

La police frappe un réseau de traite de femmes

AURORA — La police en Ontario a annoncé mercredi l’arrestation de 31 personnes dans le cadre d’une enquête sur la traite des femmes et le crime organisé dans plusieurs provinces, notamment au Québec.

Les enquêteurs de la Police régionale de York, au nord de Toronto, ont affirmé que des policiers avaient procédé à une trentaine de perquisitions dans la région de Toronto et au Québec, jeudi dernier, et porté plus de 300 accusations contre les suspects. Les enquêteurs recherchent toujours 11 autres suspects.

Selon la police, les enquêteurs ont identifié 12 victimes et déterminé que plus de 30 femmes impliquées dans le commerce du sexe étaient liées à ce réseau de traite des femmes. La majorité de ces femmes provenaient du Québec et avaient été ensuite emmenées en Ontario et ailleurs au Canada pour se livrer à la prostitution. Selon la police, les femmes étaient obligées de travailler sans relâche, et elles auraient en moyenne rapporté chacune à l’organisation au moins 1000 $ par jour.

La Police régionale de York a soutenu mercredi que ces arrestations avaient porté un dur coup à ce réseau présumé de trafic de personnes dont auraient été victimes des dizaines de femmes pendant plus d’un an. Le réseau aurait été dirigé par un homme et impliquerait trois de ses frères à des échelons élevés, a indiqué mercredi en conférence de presse l’inspecteur Thai Truong. Le réseau de traite des femmes était actif dans tout le pays et a eu des contacts avec 45 femmes au cours de la dernière année seulement, a déclaré M. Truong.

« Un observateur extérieur pourrait croire que les femmes impliquées dans le commerce du sexe sont des participantes consentantes », a expliqué M. Truong. « Elles peuvent sourire, peuvent même ne pas sembler être contrôlées ou victimisées. » Mais la police « a constaté les choses horribles que vivent ces femmes, contrôlées de toutes les manières imaginables », a-t-il dit.

L’inspecteur n’a pas précisé depuis combien de temps le réseau était en activité, mais il soutient que des femmes sont « recrutées » depuis plusieurs années. Un grand nombre de ces femmes, a-t-il dit, sont des travailleuses du sexe provenant du Québec et sont âgées du début de la vingtaine jusqu’au milieu de la trentaine. Une fois prises dans les mailles du réseau, ces femmes étaient emmenées en Ontario et dans d’autres provinces canadiennes, où on les contrôlait par la violence physique, la manipulation émotionnelle, la drogue et l’alcool, indique la police.

La police allègue que ce réseau se concentrait sur la traite des femmes mais aussi sur la fraude, le trafic de drogue et d’autres activités illégales. L’organisation criminelle aurait également falsifié des documents d’identité du gouvernement et volé l’identité de personnes innocentes dans le cadre de ses activités présumées.

Selon M. Truong, le réseau était plus structuré que de nombreuses autres organisations de ce type à travers le pays. Les enquêteurs ont aussi observé que les proxénètes semblaient être plus jeunes que d’habitude. Le chef présumé du réseau, Jonathan Nyangwila, avait été arrêté en juillet, mais il aurait continué à diriger l’organisation à partir de la prison, ce qui n’est pas rare, selon l’inspecteur Truong.

L’essentiel des autres arrestations a eu lieu la semaine dernière et la police précise que l’enquête devrait se poursuivre encore un certain temps.