Le comité de surveillance de la police de Thunder Bay, dans le nord de l’Ontario, a finalement reconnu que le racisme ronge ce service de police.

La police de Thunder Bay reconnaît avoir un problème de racisme systémique

Sévèrement épinglé dans deux rapports distincts, le comité de surveillance de la police de Thunder Bay, dans le nord de l’Ontario, a finalement reconnu que le racisme ronge ce service de police mais aussi le comité lui-même, et il promet des excuses officielles.

Lors d’une réunion du comité de surveillance, mardi, l’administrateur nouvellement nommé a annoncé qu’il acceptait les conclusions énoncées en choeur la semaine dernière par le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police et par la Commission civile de l’Ontario sur la police. Tom Lockwood a indiqué qu’à la lumière de ces deux rapports, le comité reconnaissait maintenant « sans équivoque que le racisme systémique existe à la fois au sein du service de police et de son comité de surveillance ».

« En faisant cette déclaration, nous voulons reconnaître que le comité a laissé tomber la communauté autochtone », a admis M. Lockwood, un avocat, qui a promis que le comité présenterait ses excuses à la communauté au début de l’an prochain.

Dans un rapport publié la semaine dernière, le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police a qualifié de profondément troublants les résultats de son examen biennal du service de police de Thunder Bay. Le directeur du Bureau, Gerry McNeilly, a notamment évoqué une « crise de confiance » entre la police municipale et la communauté autochtone. Il a également déploré des enquêtes bâclées sur la mort de plusieurs Autochtones - il a même estimé qu’au moins neuf d’entre elles devraient être rouvertes.

À la publication des deux rapports, la semaine dernière, la directrice du corps policier n’avait d’abord reconnu que des « barrières systémiques ». Mais lors de la réunion du comité de surveillance, mardi, Sylvie Hauth a carrément parlé de « racisme systémique au sein du service et du comité de surveillance ». Elle a promis des consultations au cours de la nouvelle année pour élaborer un plan d’action et elle s’est engagée à travailler avec le nouvel administrateur Lockwood.

Dans un deuxième rapport, la semaine dernière, la Commission civile de l’Ontario sur la police a critiqué le comité de surveillance lui-même pour son « aveuglement volontaire ». L’auteur du rapport, le sénateur Murray Sinclair, concluait que ce comité de surveillance avait « perpétué une discrimination systémique » qui a eu un impact direct sur les Autochtones.

La Commission civile de l’Ontario sur la police a alors chargé M. Lockwood d’assumer les pouvoirs du comité de surveillance jusqu’à ce que les membres d’un nouveau comité soient nommés, et que de nouvelles politiques et procédures appropriées soient mises en place.

L’Association des policiers de Thunder Bay avait déclaré dans un communiqué qu’elle comprenait les préoccupations de la communauté autochtone. Mais elle reprochait au rapport du Bureau du directeur indépendant de n’avoir pas tenu compte des conditions difficiles dans lesquelles les policiers travaillent. « Ce que nous n’acceptons pas, ce sont les accusations répétées selon lesquelles nos membres sont racistes. »