Karim Elabed, imam de la mosquée de Lévis

La mosquée de Lévis reçoit une lettre d'intimidation

La mosquée de Lévis a reçu une lettre d’intimidation, jeudi, dans sa boîte aux lettres. Une plainte à la police de Lévis a été déposée et une enquête a été ouverte.

La lettre, adressée à un certain Mohamed et rédigée à partir de découpures de journaux, disait ceci : «Ne parlez plus, ne critiquez plus, continuez de priez [sic] jusqu’à votre mort!! Il en sera bien ainsi.» Sur l’enveloppe, la personne a pris soin de ne pas écrire à la main, mais d’utiliser un pochoir.

La missive a déclenché colère et angoisse dans la communauté musulmane de Lévis, quelques jours après la fusillade dans des mosquées en Nouvelle-Zélande.

«L’individu qui a écrit la lettre cherche à semer le trouble au sein de la communauté. Et il a bien réussi, c’est inquiétant, d’autant plus que le mot mort est utilisé», a dénoncé l’imam de la mosquée, Karim Elabed. 

«On commence à être révolté de tout ça. On est en train de nous cibler, c’est devenu un jeu pour nous déstabiliser et nous faire sentir qu’on n’est pas les bienvenus. C’est triste», a déploré l’iman.

«Ne parlez plus, ne critiquez plus, continuez de priez [sic] jusqu’à votre mort!! Il en sera bien ainsi» peut-on lire dans la lettre anonyme envoyée à la mosquée de Lévis.

Débat

Selon M. Elabed, le débat actuellement sur la laïcité n’aide pas non plus à vivre dans un climat serein, ce que réfute la vice-première ministre du Québec, ministre de la Sécurité publique, et responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault. 

«En précisant des balises très claires sur le port des signes religieux pour les employés de l’État en situation d’autorité, ça peut contribuer à une certaine clarification des choses, à peut-être rassurer les gens, à la fois ceux qui portent des signes religieux et ceux qui n’en portent pas. Ils vont savoir très clairement ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. L’ensemble de la population du Québec va avoir enfin l’impression que cette question-là qui traîne depuis 10 ans est enfin résolue», a-t-elle plaidé. 

«Il n’y a pas de place pour les menaces, le racisme, l’islamophobie, les gestes contre une religion quelconque. Jamais je ne cautionnerai des menaces ou de la violence dans notre société», a-t-elle mentionné au Soleil en marge d’un brunch de la Coalition avenir Québec dans Jean-Talon, dimanche. 

La police de Lévis a confirmé avoir reçu une plainte de la mosquée de Lévis et qu’une enquête était ouverte.