Les autorités policières et des élus de la Ville d’Ottawa ont tenu une réunion vendredi après-midi pour discuter des nombreuses fusillades survenues depuis le début de l’année dans la capitale. Le chef du Service de police d’Ottawa, Charles Bordeleau, prête l’oreille aux propos du maire Jim Watson.

La libération d’accusés frustre les autorités

Neuf des quatorze individus arrêtés lors de l’opération «Sabotage» de la police d’Ottawa ont recouvré leur liberté sous conditions, selon les autorités. Parmi eux figurent des gens ayant une longue liste d’antécédents en matière de crimes violents dans la communauté.

C’est une situation qui frustre les autorités policières d’Ottawa qui doivent composer depuis le début de l’année avec une vague de fusillades en pleine rue dans la capitale.

L’opération «Sabotage», une enquête d’infiltration de six mois dans le monde des trafiquants de drogues et d’armes, avait permis aux policiers de saisir 24 armes à feu lors de perquisitions menées le mois dernier.

«C’est frustrant. Ça fait partie du système dans lequel on travaille. Bien sûr, pour la sécurité de la communauté, nous souhaiterions que les gens que nous inculpons avec de graves accusations criminelles restent en prison, là où ils doivent être», a indiqué le chef du Service de police d’Ottawa (SPO), Charles Bordeleau.

Le chef Bordeleau a fait ce commentaire vendredi après-midi en marge d’une réunion où se sont rassemblés dans les bureaux du maire Jim Watson plusieurs hauts gradés de divisions du SPO et des élus municipaux pour faire le point sur les fusillades.

Il y a eu douze fusillades depuis le début de 2018 sur le territoire de la Ville d’Ottawa. Ces attentats ont fait cinq blessés et deux morts. Rappelons que 2017 fut une année record au chapitre des fusillades dans la capitale avec plus de 70 épisodes de coups de feu.

«Il y a trop de fusillades, il y a trop de fusils dans nos rues et il y a trop de crimes commis par des gangs de rue», a déploré le maire Watson, se disant préoccupé par la situation.

Les actes de violence armée sont commis par un groupe restreint d’individus qui trempent dans le milieu de la drogue et les gangs de rue, notamment. Ils ont recours aux armes pour fins de protection ou de représailles, et dans le but d’intimider leurs concurrents, a précisé le chef Bordeleau. Ce dernier a indiqué que le SPO a modifié sa stratégie afin que toutes les divisions œuvrent ensemble au lieu de travailler en silos.

«Notre priorité opérationnelle est de combattre la violence armée et les fusillades dans notre communauté», a précisé le chef Bordeleau.

aide du public
Les autorités policières et municipales sollicitent l’aide du public afin de les aider dans leur lutte contre la violence qui sévit dans les rues.

«Il est important que les témoins collaborent dans les enquêtes, a précisé le maire d’Ottawa. Nous avons besoin de l’aide de la communauté. C’est aussi simple que ça. Appelez Échec au crime, mettez sur pied un programme de surveillance de quartier, parlez si vous voyez des activités louches dans votre ville, votre communauté, votre quartier, et appelez la police».

La police d’Ottawa a dit porter une attention particulière aux accusés qui ont été remis en liberté pour s’assurer qu’ils respectent leurs conditions.

«Au cours de la dernière semaine, notre unité des drogues a effectué trente vérifications sur des individus qui doivent répondre des conditions imposées par la cour. Nous allons accentuer cette pratique en donnant cette responsabilité à nos patrouilleurs, qui sont sur la route 24 heures sur 24, afin de s’assurer que ces individus obéissent à leurs conditions», a expliqué le chef de police.

Le maire Watson a indiqué qu’il est important de trouver les avenues afin que les jeunes s’impliquent davantage dans des activités légales.

«Les mesures de prévention et d’intervention avec nos partenaires communautaires sont la solution à plus long terme à ce problème», a précisé Jim Watson.

Ottawa a enregistré trois homicides depuis le début de l’année. Deux individus ont été tués par balles alors qu’un adolescent a été, selon la police, délibérément heurté par un chauffard.