Jeffrey Greetham fait face à six accusations de parjure pour avoir présumément fait de fausses déclarations avec l’intention de tromper durant le témoignage qu’il a donné à son procès pour agression sexuelle sur une femme, en décembre 2012.

La juge prend la cause d'un policier gatinois en délibéré

Le sort du policier gatinois Jeffrey Greetham, inculpé de parjure, est maintenant entre les mains de la juge Anne-Marie Jacques, de la Cour du Québec.

Le procès du policier s’est terminé mardi au palais de justice de Gatineau après deux jours d’audience.

L’agent Greetham, qui est suspendu avec solde du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), fait face à six accusations de parjure pour avoir présumément fait de fausses déclarations avec l’intention de tromper durant le témoignage qu’il a donné à son procès pour agression sexuelle sur une femme, en décembre 2012. Il avait été acquitté de cette accusation en 2013.

Lors des plaidoiries, l’avocat du policier, Me Marc-Antoine Carette, a notamment fait valoir que pour être reconnu coupable de parjure, il faut qu’une personne ait connaissance de la fausseté des informations, et que ses fausses déclarations aient été faites dans l’intention de tromper le tribunal.

L’avocat a indiqué que son client n’avait pas d’intérêt à tromper la cour. 

Me Carette a d’ailleurs soumis au tribunal, à titre d’exemple, le récit d’une témoin au procès et le fait que ce qu’elle a avancé ne se retrouve pas dans son journal d’activités professionnelles.

« Si elle s’est trompée, elle n’a pas commis de parjure. Elle a témoigné au meilleur de ses souvenirs. Ça se peut qu’elle se soit trompée », a argumenté Me Carette, tout en rappelant que les témoignages entendus cette semaine reposent sur des souvenirs de faits collatéraux, ou de détails.

Me Carette a aussi parlé d’une rencontre que le policier a eue avec la femme qui avait porté plainte contre lui et ses parents après qu’elle eut été interceptée pour conduite en état d’ébriété. C’était avant le dépôt de la plainte pour agression sexuelle. Des témoins disent que la discussion a eu lieu au poste de police alors que le policier et un témoin affirment qu’elle a eu lieu à la maison de la famille.

« La rencontre, qu’elle ait eu lieu au poste de police ou chez les parents, elle a eu lieu. En quoi y a-t-il intention de tromper la cour ? », a lancé l’avocat du policier.

Le policier est aussi accusé de parjure lorsqu’il a dit à son procès avoir reconduit la plaignante chez ses parents après qu’elle eut été victime d’une agression physique de son ancien copain. Cet événement a précédé le dépôt de la plainte pour attouchements contre le policier. Jeffrey Greetham a indiqué lors de son témoignage, mardi, que c’était ce qui s’était passé. Le procureur de la Couronne, Me Marc-André Roy, a affirmé que c’est faux, et a tenu à rappeler le témoignage du père, « qui était très crédible », quand il a dit que sa fille était revenue à la maison en conduisant malgré qu’elle était ivre.

La poursuite affirme que Greetham s’est aussi parjuré lorsqu’il a dit qu’il s’était retiré de lui-même du dossier au procès de l’homme qui avait battu la femme en octobre 2010. La poursuite a notamment tenu à rappeler le témoignage d’une procureure de la Couronne qui a affirmé que c’est à sa demande que le policier a été enjoint à partir en raison d’allégations pour attouchements contre lui.

« Ce n’était pas en son âme et conscience qu’il est parti », a indiqué Me Roy, alléguant que le policier a cherché à donner une bonne image de lui à son procès pour agression sexuelle.

Par ailleurs, l’avocat du policier a déposé une motion de fin de non-recevoir au procès de son client, argumentant qu’un juge s’est déjà penché sur la crédibilité du policier à la suite du procès de décembre 2012, et qu’il fut acquitté. La juge Jacques a pris la motion en délibéré, tout comme le reste du procès.

Jeffrey Greetham a fait l'objet de plusieurs mesures disciplinaires à la police de Gatineau durant sa carrière.