Après avoir appris le décès de la fillette de sept ans, des citoyens et des voisins lui ont porté un hommage spontané devant la résidence où elle a été retrouvée dans un état critique lundi.

La fillette retrouvée dans un état critique rend l'âme

La tristesse et l’incompréhension se lisaient sur le visage des citoyens et des voisins qui se sont recueillis ensemble à la suite de l’annonce du décès de la fillette de sept ans, mardi. Des fleurs, des peluches et un message ont été laissés sur le terrain de la maison où la petite fille avait été découverte la veille dans un état critique.

« C’est une petite fille super vive, super intelligente. C’est un petit rayon de soleil. Ce n’est pas croyable. Pourquoi faire mal à un enfant comme ça ? », a laissé tomber le copropriétaire de la résidence qu’il louait au couple où la fillette a été retrouvée dans un état grave et amaigri lundi. 

La fillette a été hospitalisée et reposait dans un état critique. Son décès a finalement été annoncé mardi après-midi. 

Le copropriétaire de la résidence où s’est déroulé le drame s’est joint à d’autres citoyens du quartier venus se recueillir sur place, dans un geste spontané, mardi soir. Des peluches et des fleurs ont été déposées, notamment par une petite fille qui fréquentait la même école que la jeune victime.

« Ma fille a fait un dessin et on a mis un toutou », a raconté sa maman. « Quand elle est arrivée à la maison, elle pleurait. Elle s’est vidé le cœur », poursuit le père de la petite fille.

Un petit garçon d’une municipalité voisine a même fait la route jusqu’à Granby avec ses parents pour y déposer des oursons en peluche. Touchés par le drame, des citoyens ont aussi écrit ou appelé La Voix de l’Est pour exprimer leur tristesse ou leur frustration.

« J’ai mal dans le cœur et au cœur, indique une femme. Je n’ose même pas penser à ce que ce petit enfant a enduré. Je suis, j’ai été et serai longtemps émue du décès de cette fillette qui méritait tant d’être aimée. J’offre tout mon amour à cette fillette partie injustement trop vite. »

Accusations

Le père et la belle-mère de l’enfant ont tous deux comparu au palais de justice de Granby, mardi. Une ordonnance de non-publication interdit aux médias de dévoiler leur identité afin de protéger celle de la jeune victime.

Le couple a été arrêté par le Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, dans la nuit de lundi à mardi, au terme de leur interrogatoire. 

L’homme de 30 ans fait face à une accusation de séquestration, tandis que la femme, âgée de 35 ans, devra répondre d’une accusation de séquestration et d’une autre de voies de fait graves contre la fillette. Les infractions reprochées se sont produites le 29 avril. D’autres accusations risquent de s’ajouter à la suite de l’annonce du décès de la fillette.

L’avocate de la Couronne Me Laurence Bélanger s’est objectée à leur remise en liberté. Tous deux restent donc détenus jusqu’à leur enquête sur remise en liberté, dont la date pourrait être fixée jeudi. « L’enquête est toujours en cours », a indiqué Me Bélanger à sa sortie de la salle d’audience. 

À lire aussi: Une fillette de 7 ans retrouvée dans un état critique

Le père et la belle-mère de la fillette, qui ont tous deux des antécédents criminels, avaient aussi des dossiers devant le Tribunal de la jeunesse. Ils ne se sont pas exprimés devant le tribunal lors de leur comparution. 

La belle-mère a été reconnue coupable de voies de fait armées en 2018 et a obtenu une absolution conditionnelle. Dans le présent dossier, elle a été représentée mardi par Me Rachel Bernatchez.

Le père a pour sa part été trouvé coupable de vol et de fabrication de fausse preuve en cour en 2011. Pour ces crimes, il a dû faire des travaux communautaires et respecter une probation. Il a aussi été accusé de deux bris de condition par la suite, des infractions pour lesquelles il a dû payer une amende et faire des travaux communautaires.

La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, leur a interdit de communiquer avec leurs enfants. Le père a au moins deux enfants, dont la victime, et sa conjointe un troisième. 

Cellule de crise à la commission scolaire

La fillette, qui avait été retirée de l’école il y a quelques semaines, fréquentait un établissement de la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC). Celle-ci a déployé une cellule de crise mardi.

« En ce qui a trait à nos employés, on a le programme d’aide aux employés en place. On a une ligne confidentielle et au bout de cette ligne, il y a des psychologues, des travailleurs sociaux, des psychothérapeutes qui peuvent venir en aide aux employés », explique Alexandra Langlois, coordonnatrice aux communications à la CSVDC.

Des ressources ont également été déployées à l’école pour soutenir la direction et l’ensemble du personnel de l’établissement, ajoute-t-elle. 

Une aide destinée aux enfants est aussi déployée avec l’intervention d’une équipe de postvention, formée de psychologues et d’animateurs à la vie spirituelle et communautaire, qui était également présente à l’école mardi.

« Ces gens-là sont sur le terrain pour assurer une organisation du service. Ils fournissent au personnel, à la direction et aux enseignants des lignes directrices qui vont leur permettre de bien accompagner les élèves dans cette situation-là, dit Mme Langlois. Ce que je sais, c’est que les enfants, dans une situation comme là, ont besoin d’être rassurés. C’est la raison pour laquelle on envoie nos professionnels des services complémentaires. »