Le procès de Joshua Boyle s’est achevé jeudi, mais chaque partie compte remettre des arguments écrits sur certains points de droit qui seront présentés plus tard ce mois-ci. Le juge Doody a indiqué qu’il rendra son verdict le 19 décembre.

La femme de Joshua Boyle emprisonnée dans une toile émotionnelle

Joshua Boyle a utilisé un savant cocktail de gentillesse et de cruauté pour emprisonner sa femme Caitlan Coleman dans une toile émotionnelle, a argué jeudi une procureure de la Couronne au procès de l’ancien otage pour voies de fait.

Meaghan Cunningham a fait valoir au juge Peter Doody, de la Cour de l’Ontario, que le témoignage crédible de Mme Coleman était corroboré par d’autres preuves présentant Bolyle comme un mari dominateur qui instillait la peur.

Âgé de 36, Boyle a plaidé non coupable à des accusations de voies de fait, d’agression sexuelle et de séquestration illégale au cours d’une période s’étendant d’octobre à décembre 2017.

Ces actes auraient été commis à Ottawa après le retour du couple au Canada, eux qui sont restés pendant cinq ans en captivité en Afghanistan.

Le procès de Boyle s’est achevé jeudi, mais chaque partie compte remettre des arguments écrits sur certains points de droit qui seront présentés plus tard ce mois-ci.

Le juge Doody a indiqué qu’il rendra son verdict le 19 décembre.

Les plaidoiries finales ont porté sur la crédibilité respective de l’accusé et de la présumée victime. Tous deux ont témoigné longuement de leur relation tendue, de leur captivité et des événements ayant conduit à l’arrestation de Boyle à la fin de 2017.

Selon l’avocat de Boyle, Lawrence Greenspon, l’accusé devrait bénéficier du doute raisonnable pour toutes les accusations auxquelles il fait face.

Il soutient que le témoignage de Mme Coleman a été un ramassis de souvenirs incertains. L’avocat a décrit la victime comme une femme instable aux prises avec de graves problèmes émotionnels.

« Le témoignage de Mme Coleman n’est ni crédible ni fiable », avait déclaré Me Greenspon.

Me Cunningham a rejeté les conclusions de son adversaire en qualifiant le témoignage de Mme Coleman de « cohérent et convaincant ».

Mme Coleman a raconté à la Cour que son mari la battait pendant leur captivité. Les rapports violents ont repris après leur retour au Canada.

C’est Boyle qui tenait le haut du pavé dans leur relation. Il maintenait Mme Coleman sous son emprise émotionnelle, a dit la procureure.

« M. Boyle a alterné la douceur avec la violence verbale et les commentaires humiliants. »

Me Cunningham a relevé certains éléments des témoignages, citant notamment un message texte tendre que Boyle avait envoyé à sa femme avant de se récuser quelques instants plus tard : « Oups ! Mauvais destinataire. Poisson d’avril ! Attends-toi à ce que nous le passions dans la douleur ».

« Pour moi, c’est simplement cruel », a dit la procureure.

Elle a aussi rappelé que les témoignages de la sœur et de la mère de Mme Coleman avaient confirmé le caractère dominateur de Boyle.