Patrice Saint-Pierre, directeur général de la FADOQ Saguenay-Lac-Saint-Jean, estime qu’il existe des solutions simples pour assurer la sécurité des aînés, avant de penser à demander au gouvernement d’intervenir.

La FADOQ favorise des solutions simples

Avant même de penser à demander au gouvernement de légiférer afin d’assurer une plus grande sécurité pour les personnes âgées, la FADOQ propose des solutions beaucoup plus simples pour éviter des pertes humaines. L’organisme pense à des ententes avec un voisin ou un membre de la famille pour vérifier chaque jour si les choses se déroulent rondement.

Directeur général de la FADOQ du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Patrice Saint-Pierre comprend très bien la peine de la famille de Marie-Rose Gauthier, décédée après avoir passé notamment 36 heures sur le balcon de sa chambre avant de recevoir de l’aide. Mais il ne croit pas qu’il faille impliquer davantage le gouvernement.

La dame a fait une chute sur son balcon le 23 juin et n’a pas été en mesure de se relever. Elle a passé 36 heures sur le béton de la galerie, située au quatrième étage de la résidence privée pour personnes âgées.

La nonagénaire a souffert d’hypothermie et de déshydratation. Elle s’est infligé des blessures aux bras, aux jambes et à la bouche en tentant de se relever, mais sans succès.

Découverte le 25 juin, la vieille dame a rendu l’âme à l’hôpital de Chicoutimi le 28 juin, trois jours après avoir été amenée à l’urgence.

Le drame aurait pu être évité. La dame ne portait pas son bracelet électronique, permettant d’appeler à l’aide, et avait délaissé le programme PAIR, qui permet à une personne de prendre contact matin et soir avec la cliente afin de s’assurer que tout va bien.

La nonagénaire avait même refusé d’être changée de chambre pour se retrouver à un endroit plus adapté à ses besoins, car elle n’en était pas à ses premières chutes.

« La famille (de Mme Gauthier) peut réclamer de l’aide ou chercher des solutions, mais souvent les solutions se trouvent simplement. Je pense que l’on peut penser à une entente avec un voisin qui viendra voir régulièrement que tout va bien ou avec un membre de la famille qui appellera régulièrement pour s’enquérir de l’état de la personne », croit le directeur général de la FADOQ.

M. Saint-Pierre suggère même aux familles des personnes âgées de leur acheter en cadeau un bracelet électronique. Il en coûte un peu plus de 30 $ mensuellement. Une personne qui effectue une chute ou qui a un problème peut actionner le bracelet d’urgence et une aide arrive très rapidement sur les lieux.

légiférer

Le directeur général de la FADOQ n’est pas totalement fermé à l’idée d’une intervention gouvernementale, mais il veut que les gens prennent conscience que de nouvelles règles entraîneront automatiquement des coûts supplémentaires. Et ce sont les bénéficiaires qui en paieront le prix.

« Demander au gouvernement d’intervenir ou de légiférer, ça pourrait avoir un effet pervers. Ça va entraîner des dépenses supplémentaires. Que ce soit les résidences privées ou publiques, il faudra embaucher des gens pour vérifier chaque jour si tout va bien. Et la facture sera refilée aux bénéficiaires. »

« Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 46 pour cent des aînés reçoivent le supplément garanti du gouvernement. Leur ajouter une facture supplémentaire fera en sorte que plusieurs personnes se retrouveront dans des conditions plus difficiles, notamment pour se loger », croit Patrice Saint-Pierre.

Ce dernier rappelle aussi que les milieux autonomes pour les personnes âgées sont pensés en fonction du milieu de vie dans le but de permettre à une personne de faire ce qu’elle veut, de s’absenter comme bon lui semble sans être obligée de rendre des comptes.

« D’avoir quelqu’un qui viendra frapper à la porte matin et soir, ça oblige les bénéficiaires à les appeler pour dire qu’ils partent pour faire du magasinage ou manger au restaurant. Ces gens veulent conserver une qualité de vie et ne veulent pas rester enfermés », dit-il.

Le cas de Mme Gauthier n’est pas le premier à survenir dans la région. En 2010, à Jonquière, une dame âgée était tombée dans sa chambre et n’avait été trouvée que 12 heures plus tard. Elle est décédée quelques jours plus tard.

Au Manoir Champlain, la direction n’accorde plus d’entrevue aux médias. Les dirigeants attendent la publication du rapport du coroner, l’analyseront et verront si des éléments doivent être commentés.