La crise des opioïdes tue deux personnes à Ottawa

Trois personnes sont décédées d’une surdose de fentanyl, ou d’un mélange qui en contient, depuis lundi soir à Ottawa. Cette vague de surdoses, qui aurait pu tuer au moins trois autres personnes dans les mêmes 24 heures, est malheureusement chose trop commune, se désole l’infirmier responsable d’un centre d’injection supervisée de la capitale.

Luc Cormier, infirmier autorisé du Centre de santé communautaire de la Côte-de-sable, à Ottawa, compte « d’une à deux vagues de 24 à 48 heures » par mois.

« Cela arrive plus souvent par rapport à ce qu’on entend parler (publiquement) », dit l’infirmier responsable du centre d’injection supervisée. « Cette semaine, c’est médiatisé. »

Depuis 2017, Santé publique Ottawa compte annuellement de 40 à 60 surdoses mortelles liées aux opioïdes.

Mardi matin, la police d’Ottawa et les services paramédicaux ont sonné l’alarme, en confirmant avoir été appelés à cinq reprises, pour un total des six personnes en surdose, depuis lundi. Trois d’entre elles ont perdu la vie. Le mélange mortel serait composé de cocaïne et de fentanyl.

« C’est un peu plus prononcé cette semaine, mais ça demeure assez commun », déplore M. Cormier.

Ottawa compte quatre sites d’injection supervisée sur son territoire. Celui de Côte-de-Sable est équipé d’un spectromètre de masse, qui pourra bientôt permettre aux consommateurs de déceler la présence de fentanyl dans la drogue achetée par sa clientèle.

« Les gens (de la rue) connaissent ceux qui sont décédés. Il y a un sentiment de perte, dit M. Cormier. C’est le résultat du marché illégal non réglementé. On continue de compter des décès. »

La crise des opioïdes se poursuit dans la capitale fédérale, alors que les autorités rappellent que les drogues qui en contiennent sont très dangereuses, surtout lorsqu’elles sont mélangées à d’autres substances.

Le Groupe de travail d’Ottawa sur la prévention des surdoses d’Ottawa a par ailleurs publié une alerte pour « aviser la population de l’augmentation des décès et des blessures qui pourraient être attribués à une surdose à Ottawa ». D’après les tests préliminaires, la cocaïne coupée avec du fentanyl aurait possiblement contribué à ces surdoses. Les investigations se poursuivent ainsi que des analyses toxicologiques en laboratoire afin de déterminer la cause de ces surdoses.

Les consommateurs mélangent parfois le fentanyl avec de la cocaïne, d’autres opioïdes, de l’alcool, des benzodiazépines (utilisées dans le traitement de l’anxiété et de troubles du sommeil). Les surdoses mortelles surviennent surtout dans des résidences privées.

Il est impossible de le déceler par l’odeur ou la vue.