La commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a fait une première sortie publique depuis l’arrestation de Cameron Jay Ortis.

La « taupe » de la GRC collaborait avec le FBI

La grande patronne de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki, a révélé que l’employé arrêté et accusé d’avoir tenté de livrer des informations confidentielles collaborait à une enquête de la police fédérale américaine (FBI) au moment où il s’est fait prendre.

La commissaire de la GRC a fait une première sortie publique depuis l’arrestation de Cameron Jay Ortis. Elle a notamment tenu à mettre en garde que de nombreuses « conjectures », « théories » ou « informations erronées » circulent.

Brenda Lucki a expliqué que la GRC travaillait sur une enquête en collaboration avec le FBI lorsque les enquêteurs canadiens ont « mis au jour une possible corruption à l’interne ». Cette découverte remonte à 2018.

Une équipe d’enquête a été formée pour vérifier ces allégations et celle-ci a mené, plusieurs mois plus tard, à l’arrestation le 12 septembre de l’homme de 47 ans.

Cameron Ortis, qui occupait le poste de directeur général du Centre national de coordination du renseignement, fait face à des accusations en lien avec la Loi sur la protection de l’information et à deux accusations criminelles, notamment d’abus de confiance, pour avoir prétendument tenté de divulguer des informations secrètes à une entité étrangère ou à un groupe terroriste.

Selon la poursuite, il aurait « obtenu, stocké, traité des informations sensibles [...] avec l’intention de les communiquer à des personnes auxquelles il ne devrait pas les communiquer ». L’acte d’accusation énumère sept chefs au titre de diverses dispositions, pour des allégations s’étalant du 1er janvier 2015 jusqu’à son arrestation jeudi dernier.

Mme Lucki n’a pas voulu commenter les possibles motivations de l’accusé ni quelles entités ou quels États étrangers auraient été impliqués. Il n’a pas non plus été possible de connaître la nature des informations auxquelles Cameron Ortis avait accès.

La commissaire n’a pas non plus commenté les informations rapportées par certains médias liant l’arrestation au démantèlement de la firme Phantom Secure, à Vancouver, l’an dernier. L’entreprise vendait des téléphones permettant de communiquer de manière cryptée indéchiffrable.

Cette perquisition aurait eu un important impact sur les activités du crime organisé et des trafiquants de drogue, selon ce qu’a affirmé la GRC en mars 2018.

Phantom Secure retirait toutes les fonctionnalités habituelles des appareils (appels, messagerie texte, internet et GPS) avant d’installer un système de courriels cryptés permettant aux téléphones de ne communiquer qu’entre eux.

Lorsqu’un utilisateur était arrêté, la firme détruisait toutes les données de son téléphone, ce qui constitue une entrave à la justice aux États-Unis.

Brenda Lucki a mentionné que la GRC évaluait présentement les répercussions des gestes reprochés à M. Ortis et qu’elle travaillait à « mettre en place des stratégies d’atténuation ».