Drogues, fêtes et alcool ont marqué la vie de couple des deux anciens tourtereaux, de 2012 à 2014.

Journal intime d'une femme violentée

Le journal intime d'une femme victime de violence conjugale a retenu l'attention d'un juge de la Cour du Québec, qui a imposé 18 mois de détention à son ex-compagnon, mardi, au palais de justice de Gatineau.
Le magistrat n'a pas acheté les explications de Sébastien Matthers, dont l'ancienne compagne a témoigné en sanglots lors des observations sur la peine, cette semaine.
Tremblante, elle a entre autres raconté au juge Raymond Séguin que son ancienne flamme avait vissé les portes et les fenêtres de l'extérieur de leur résidence pour l'empêcher de s'en aller.
L'accusé, qui a plaidé coupable à des accusations de voie de fait, de harcèlement et de séquestration, a nié cette version. Selon lui, il a plutôt vissé portes et fenêtres pour empêcher la femme d'entrer dans la résidence, car elle était en crise.
Drogues, fêtes et alcool ont marqué la vie de couple des deux anciens tourtereaux, de 2012 à 2014.
Un des événements s'est produit une nuit lors du Rockfest de Montebello, en 2012. Après une querelle, le couple a pris la direction de Gatineau en voiture.
Le conflit a atteint son apogée lorsque la femme a été poussée hors de la voiture, dans un petit ravin, avant de voir le véhicule filer à toute allure, pour revenir quelques minutes plus tard.
L'accusé a qualifié de sans gravité de nombreux actes de « bousculades ».
Pendant une vingtaine de minutes, avant de rendre sa sentence, le juge a lu plusieurs passages « éclairants » du journal intime de la victime.
Selon le magistrat, les récits sont crédibles, puisque la femme y décrit aussi des événements plus heureux avec celui qui était son conjoint, à l'époque.
Un épisode dramatique se déroule lorsque l'homme lui écrase la gorge avec son genou, au sol.
« Il va finir par me tuer (...) Tu mérites mieux que cela », écrit-elle.
Reproches sur son habillement, doigt cassé, insultes, scènes de jalousie et « paroles démoniaques » sont décrits dans ce même journal.
La femme a raconté au juge comment elle avait perdu son permis de conduire et son travail. « Il m'appelait tout le temps. Je me faisais arrêter avec le cellulaire au volant. Puis, je ne pouvais plus travailler à cause des appels. Mon boss n'en pouvait plus. »
En 2013, la femme a retiré une première plainte de violence conjugale.
Un an plus tard, le stress - et possiblement sa consommation de drogue - lui a fait faire un infarctus.
M. Matthers a tenté de faire valoir au juge que son ex-conjointe exagérait.
Le magistrat a qualifié cette affaire de « violence conjugale typique ».
La défense demandait une peine de 15 mois à purger dans la communauté. 
Le tribunal a tranché en faveur de la Couronne, et ordonné à l'accusé qu'il suive des thérapies en matière de toxicomanie et de gestion de la colère, en plus des 18 mois à passer derrière les barreaux.