Joshua Boyle

Joshua Boyle nie avoir agressé sexuellement sa femme

L’ancien otage en Afghanistan Joshua Boyle, accusé d’avoir agressé sa femme Caitlan Coleman dont il est désormais séparé, a nié mercredi devant un tribunal ontarien avoir été sexuellement violent avec elle.

Dans son témoignage, Joshua Boyle a affirmé que, bien que le couple se livrait régulièrement à des pratiques sexuelles liées au sadomasochisme, ces relations étaient consensuelles et ludiques.

L’homme de 36 ans a plaidé non coupable aux infractions qu’on lui reproche d’avoir commises contre Caitlan Coleman, dont agression, agression sexuelle et séquestration, en plus d’une accusation d’avoir induit la police en erreur dans les heures qui ont précédé son arrestation.

Ces infractions alléguées auraient été commises à la fin de 2017, après le retour du couple au Canada, à la suite de cinq années passées en captivité aux mains des talibans qui les ont enlevés lors d’un voyage en Asie.

Tard dans la soirée du 30 décembre 2017, Joshua Boyle a fait un appel affolé au 911 pour rapporter que sa femme s’était enfuie de leur appartement d’Ottawa en menaçant de se suicider.

L’appel a déclenché une enquête policière qui a conduit à l’arrestation de l’homme, quelques heures plus tard, pour des allégations selon lesquelles il aurait agressé Mme Coleman à plusieurs reprises.

Au cours du procès, qui a commencé en mars avant d’être interrompu à plusieurs reprises, Caitlan Coleman a déclaré que son mari lui avait donné la fessée, des coups de poing et des gifles durant leur captivité à l’étranger.

Elle a affirmé que ces violences avaient repris peu de temps après leur libération par les forces pakistanaises.

Mme Coleman a raconté qu’à une occasion, à Ottawa, son mari en colère lui avait ordonné de se déshabiller, puis avait utilisé une corde pour lier ses mains et ses pieds derrière son dos et l’avait laissée sur le lit, face contre le matelas.

Pratiques de domination sexuelle

Témoignant pour sa défense, mercredi, Joshua Boyle a dit ne pas se souvenir de cet incident, mais a affirmé que le couple avait parfois recours à des pratiques de domination sexuelle tout à fait consensuelles.

« Nous n’avons pas eu de relations sexuelles agressives ou quoi que ce soit du genre, a-t-il déclaré en cour. Si elle indiquait qu’elle ne voulait pas avoir de relations sexuelles, nous n’en avions pas. C’était strictement ludique entre nous. »

« Notre mot de sécurité (safe word) était «non». Si on disait «non» ou que l’on secouait vigoureusement la tête, c’était fini. »

Joshua Boyle a décrit son ex-femme comme une personne instable, sujette aux crises et à la violence. Elle avait une « personnalité impétueuse » et était instable dans le meilleur des cas, a-t-il soutenu devant le tribunal.

Selon la version de M. Boyle, Caitlan Coleman l’aurait giflé et aurait même tenté de lui griffer les yeux lors des moments difficiles de leur fréquentation.

Mme Coleman l’aurait un jour menacé avec un couteau parce qu’il avait rapporté le mauvais type de mayonnaise de l’épicerie, a relaté l’accusé.