Michel Cadotte est accusé du meurtre de sa femme maintient qu’elle voulait de l’aide médicale à mourir et qu’il l’a tué par compassion.

Jocelyne Lizotte, un «cas très lourd»

MONTRÉAL — Une préposée aux bénéficiaires s’étant occupée de Jocelyne Lizotte dans un établissement de soins de longue durée à Montréal où elle était traitée pour la maladie d’Alzheimer a déclaré jeudi qu’il s’agissait d’un « cas très lourd ».

Maryse Gesse a comparu jeudi au procès de Michel Cadotte, accusé du meurtre non prémédité de son épouse, avec qui il était marié depuis 19 ans. La Couronne affirme qu’il l’a étouffée avec un oreiller dans sa chambre en février 2017 parce qu’il était incapable de supporter la détérioration de son état de santé.

Mme Gesse a décrit M. Cadotte comme le porte-parole de Mme Lizotte — c’est lui qui demandait des choses en son nom parce qu’elle était incapable de communiquer.

En contre-interrogatoire au palais de justice de Montréal, la préposée aux bénéficiaires a affirmé qu’elle connaissait très bien l’accusé, qui se trouvait souvent aux côtés de Mme Lizotte. Elle a ajouté que M. Cadotte faisait la lessive de sa femme, qu’il s’était arrangé pour qu’elle ait la visite d’un coiffeur tous les mois et une télévision dans sa chambre pour écouter de la musique. Il s’est également assuré qu’elle avait des lotions, des savons et des shampooings de meilleure qualité.

La témoin a indiqué que M. Cadotte, âgé de 57 ans, avait même suivi une formation de préposé afin de mieux prendre soin de sa femme malade.

Mme Gesse a déclaré aux jurés que Mme Lizotte ne pouvait pas manger, s’habiller ou s’asseoir sans aide.

« C’était un cas lourd. Nous devions tout faire pour elle », a-t-elle indiqué. Mais Mme Lizotte, âgée de 60 ans, n’était pas le cas le plus difficile, car elle n’opposait pas de résistance aux soins qui lui étaient offerts comme d’autres patients, a ajouté Mme Gesse.

La préposée a également confirmé que Mme Lizotte passait une grande partie de son temps maintenue immobile parce qu’elle était souvent agitée et que le personnel craignait qu’elle ne fasse une chute. Une médecin a témoigné mercredi que Mme Lizotte prenait des médicaments pour traiter une agitation extrême.

« C’était sa vie », a dit Mme Gesse, expliquant aux jurés que la femme se balançait d’avant en arrière sur son fauteuil, ne s’arrêtant que lorsque quelqu’un la touchait. « Elle était toujours maintenue immobile, tout le temps, sauf quand elle marchait. »

Il s’agissait du troisième témoin de la Couronne, qui compte appeler 18 personnes à la barre au cours de ce procès. Le procès devrait durer de six à sept semaines.