Jean Durand, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur des mineurs, a été hospitalisé quelques minutes avant de recevoir sa sentence, mercredi, à Gatineau.

Jean Durand: l’hôpital avant la sentence

Il devait prendre le chemin de la prison. Il a pris celui de l’hôpital. Un ex-candidat aux élections municipales de Denholm, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur des mineurs, a été hospitalisé quelques minutes avant de recevoir sa sentence, mercredi, à Gatineau.

Jean Durand devait recevoir une sentence allant d’un emprisonnement dans la communauté de 2 ans moins un jour, à une peine de 7 à 9 ans de prison ferme.

Le juge Paul Chevalier s’est dit prêt à rendre sa décision, après avoir entendu les représentations sur la peine, en avant-midi.

Le tribunal devait faire entendre sa décision en début d’après-midi.

Sur le coup de 14 h, l’avocat de la défense, Me Michel Lewis, a indiqué au tribunal que son client avait subi une crise d’épilepsie, un malaise cardiaque, ou un anévrisme pendant l’heure du dîner.

L’audience a été suspendue en attendant d’avoir davantage d’informations sur son état de santé.

Le tribunal doit fixer une autre date d’audience d’ici la fin du mois.

Des proches des victimes se sont montrées très peu surprises, allant même jusqu’à reprocher à Jean Durand de jouer la comédie.

Plus tôt dans la journée, la Couronne a demandé une peine de 7 à 9 ans de pénitencier. La répétition des agressions sexuelles sur une longue période, dans les années 1970 à 1990, et la gravité de celles-ci, doit peser dans la balance, a avancé le ministère public.

La défense a demandé une peine à purger dans la communauté, « ou sinon » un maximum de deux ans mois un jour de détention. Me Lewis, a parlé dès lors la santé très fragile de son client, ainsi que la très faible possibilité que de tels gestes reproduisent.

La conjointe de M. Durand, la conseillère municipale Danielle Cillis a témoigné des impacts de cette affaire dans son travail et sa vie sociale.

« On m’a dit que je devais démissionner parce que mon mari était pédophile. Mais je suis restée en poste. On évite de sortir de chez nous. On y pense avant de sortir, et on ne sort pas seuls. Denholm, c’est 520 habitants », a dit la femme, pour expliquer comment elle vivait la situation.

L’avocat de Jean Durand a fait une demande plutôt rare, en déposant une requête en ordonnance de non-publication, visant à empêcher davantage de médiatisation de cette affaire. Ce type de requête est habituellement présentée au début du procès, et non le jour des représentations sur la peine.

« Avant même le verdict, on a condamné monsieur dans les médias. On est allés un peu loin », a-t-il dit.

Le juge a rejeté la requête de la défense.