Jean Durand rejette non seulement son verdict de culpabilité prononcé en octobre dernier, mais aussi la peine qui lui a été imposée le 26 mars, au palais de justice de Gatineau.

Jean Durand: aussitôt condamné, aussitôt libéré

Un ex-candidat aux élections municipales de 2017 a recouvré sa liberté, la semaine dernière, quelques jours après son arrivée au pénitencier pour des crimes sexuels envers des mineurs.

Le Droit a appris que Jean Durand, qui briguait un poste de conseiller dans la municipalité de Denholm, est à nouveau libre, du moins, temporairement.

Il rejette non seulement son verdict de culpabilité prononcé en octobre dernier, mais aussi la peine qui lui a été imposée le 26 mars, au palais de justice de Gatineau.

Jean Durand a alors été condamné à cinq ans et dix mois de pénitencier pour des agressions sexuelles sur des personnes d’âge mineur.

Le juge Paul Chevalier avait auparavant reconnu l’homme de 63 ans coupable de 9 des 18 chefs d’accusation qui pesaient contre lui.

Les infractions de contacts sexuels, d’attentats à la pudeur, de grossière indécence et d’incitations à des contacts sexuels remontent aux années 1970 à 1990. Elles ont été commises sur quatre victimes.

L’avocat de Jean Durand, Me Michel Lewis, confirme que son client a été libéré le 9 avril, alors qu’il aurait dû l’être trois jours auparavant.

« La requête à la Cour d’appel a été déposée le vendredi, dit-il, mais pour une raison que j’ignore, mon client a été libéré le lundi suivant. »

Lorsqu’une telle requête est déposée en Cour d’appel, l’exécution de la sentence est suspendue en attendant la décision du tribunal supérieur.

Dans ce cas, la suspension de la sentence signifie la libération de l’individu.

Si la Cour d’appel refuse d’entendre la cause, ou qu’elle maintient les décisions de la Cour du Québec, Jean Durand devra retourner derrière les barreaux pour purger le reste de sa peine.

Me Lewis veut faire entendre les deux appels – sur le verdict et sur la sentence – en même temps.

Cet appel risque de décevoir les victimes, dont une qui s’était dite « libérée » par le prononcé de la sentence du juge Paul Chevalier, en mars.

« Je suis heureuse, je vais pouvoir recommencer à mieux vivre en sachant qu’il va partir pour cinq ans et dix mois. Ce n’est pas une grosse sentence, mais nous sommes satisfaits », avait-elle réagi.

La Couronne réclamait une peine de sept à neuf ans alors que la défense demandait une sentence de deux ans moins un jour à être purgée dans la collectivité.

Selon le juge, « la manipulation ou une contrainte psychologique », et la force physique ont été utilisées lors de la perpétration des crimes.

Me Lewis avait alors qualifié la peine de « très sévère ». Selon lui, son client nie catégoriquement les faits.

Jean Durand a été arrêté en 2012.