René Samson-Von Richter

« Je ne voulais que faire peur à Travis »

Voix rauque et lecture difficile, René Samson-Von Richter a demandé, dans une lettre, pardon à la famille d'Amanda Trottier.
Plaidant coupable du meurtre sans préméditation de Travis Votour et de l'homicide involontaire d'Amanda Trottier, René Samson-Von Richter s'est levé dans le box des accusés, mardi. Il s'est adressé aux familles de ses deux victimes âgés de 23 ans, le jour de leur mort, le 5 janvier 2014.
«Je veux m'excuser pour ce que j'ai fait», a-t-il balbutié, après avoir regardé les parents d'Amanda. 
«Je suis vraiment désolé. Je vous ai brisé le coeur. La vérité est que je ne voulais que faire peur à Travis.»
Selon son plaidoyer de culpabilité, le tueur, ainsi que sa conjointe Sonia Vilon, avait accepté le contrat du trafiquant de drogue Ronald Jr Brazeau pour aller «servir une drette» à Votour, qui lui avait volé de la marchandise dans sa cache de drogue.
«Mais les choses se sont terriblement passées, a poursuivi le meurtrier. Je n'ai jamais voulu que cela arrive. J'aimerais retourner en arrière. À cause de mes actions, j'ai fait du mal à tant de gens. Vous (les parents d'Amanda, assis dans la salle) avez perdu une fille. Et une enfant a perdu sa mère.»
Samson-Von Richter a aussi voulu s'excuser auprès de la famille de «June» Brazeau. «La police a fabriqué des histoires qui n'existent pas. Il est innocent. Il n'a rien à voir dans ces meurtres. Il n'a jamais donné une arme en disant de tuer des personnes. Honnêtement, personne ne m'a dit quoi faire. Je l'ai fait moi-même. Je suis désolé.»
La conjointe de Samson-Von Richter, Sonia Vilon, a aussi prononcé quelques mots au tribunal. «Je veux m'excuser auprès des familles d'Amanda et de Travis. Les choses ont mal tourné. Je veux m'excuser», a-t-elle dit, après avoir plaidé coupable à deux accusations d'homicide involontaire.
La famille Trottier n'accepte pas les excuses
Les parents d'Amanda Trottier, Victoria Lebrasseur et Claude Trottier, n'acceptent pas les excuses des tueurs de leur fille.
La famille d'Amanda Trottier n'accepte pas les excuses de ceux qui ont tué la jeune femme.
Mme Trottier a été tuée par balles, le 5 janvier 2014, dans la résidence du secteur Aylmer qu'elle occupait avec son conjoint, Travis Votour, aussi tué de la même façon.
La mère de la victime n'accepte pas les excuses du couple, formé par Sonia Vilon et René Samson-Von Richter, qui a tué sa fille.
«Non. Aucunement. Ce n'est pas sincère pantoute. C'est des menteries», lance d'abord Victoria Lebrasseur, la mère d'Amanda.
Pour le père de la jeune disparue, Claude Trottier, les accusés ont eu un deal en plaidant coupable. «Et on doit vivre avec ça.»
«J'espère qu'il (l'accusé) se sent mal pour ce qu'il a fait, a ajouté Mme Lebrasseur à sa sortie de la salle de cour, mardi. Je l'espère vraiment dans mon coeur.»
La mère de la victime aurait voulu que Sonia Vilon reçoive la même sentence que Renée Samson-Von Richter, qui écope d'une peine à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans. Von Richter a plaidé coupable à un chef plus grave de meurtre non prémédité de M. Votour. La femme a reçu douze ans pour homicide involontaire.
«Ils étaient tous les deux chez Amanda, dit Mme Lebrasseur. C'est elle (Vilon) qui a tiré ma fille.»
La mère de la victime n'accepte pas les excuses et les explications concernant Ronald Jr Brazeau, qui dit ne pas avoir commandé de tuer, mais seulement de faire peur.
«Tout le monde peut dire ce qu'il veut, poursuit la mère éplorée. Dire la vérité? Je ne pense pas.»
La famille Trottier se dit soulagée qu'au moins une page ait été tournée, mardi. Il ne reste que le procès du commanditaire présumé de cette agression, Ronald Jr Brazeau, prévu en octobre.
Plus tôt en juin, ce dernier a plaidé coupable de l'homicide involontaire de Votour, mais a maintenu son plaidoyer de non-culpabilité sur l'accusation de meurtre non prémédité d'Amanda Trottier. Brazeau dit ne jamais avoir voulu faire de mal à la jeune femme.
Amanda Trottier avait un enfant, qui ne peut être identifié selon une ordonnance de non-publication.
«On lui a dit la vérité, explique Claude Trottier. Sa mère est au paradis, et elle ne reviendra pas.»